Les dates de l'élection présidentielle de 2027, annoncées mercredi par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, sont déjà au cœur d'une polémique. Le premier tour se tiendra le 18 avril et le second tour le 2 mai, soit au lendemain de la Fête du travail, ce qui impose une règle de silence politique la veille du scrutin.
Un choix contesté par l'opposition
Le candidat Les Républicains Bruno Retailleau s'est dit « en colère » sur Europe 1 et CNews, estimant que ce choix « n'est pas neutre » et « pas normal sur le plan démocratique ». Il a dénoncé une « stratégie du chaos » de l'exécutif, soupçonnant que le gouvernement favorise la gauche en plaçant le second tour après le 1er-Mai, une journée de mobilisation syndicale souvent marquée par des revendications politiques. Selon lui, les manifestations du 1er-Mai peuvent donner lieu à des « débordements » qui pourraient influencer le vote.
De son côté, Sébastien Chenu, figure du Rassemblement national, a jugé le choix « pas particulièrement judicieux » devant l'Association des journalistes parlementaires. Il y voit une « petite manœuvre » pour que « les habituels opposants du RN soient bras dessus bras dessous » contre le candidat lepéniste, si celui-ci est qualifié pour le second tour, comme le prédisent les sondages. Chenu a également noté que le RN tient traditionnellement un meeting le 1er-Mai, ce qui ne sera « probablement pas » possible en 2027 en raison du silence électoral.
La justification de l'exécutif
Un proche d'Emmanuel Macron a justifié le choix des dates en expliquant que le second tour tombe un dimanche où deux zones scolaires sur trois ne sont plus en vacances et où la troisième « reviendra de vacances », ce qui devrait maximiser la participation. Ce choix permet également de réduire au maximum l'intervalle entre le second tour et la prise de fonctions du vainqueur, prévue autour du 13-14 mai.
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a balayé la controverse en rappelant que les règles de silence politique la veille du scrutin « seront les mêmes que d'habitude ». Elle a appelé à « faire confiance à nos forces de l'ordre, à la responsabilité des forces politiques et à l'intelligence des Français ». Les dates ont été choisies « en agrégeant l'ensemble des contraintes » et après des consultations avec tous les partis politiques menées par le ministère de l'Intérieur.
Réactions à gauche
Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bombard, a expliqué à l'AFP que son mouvement avait « défendu » les dates les plus tardives, car elles « permettent d'avoir une campagne plus longue ». Il a reconnu que le camp de Jean-Luc Mélenchon « ne pourra évidemment pas prendre la parole le 1er mai » en raison du silence électoral. La polémique illustre les tensions autour d'un calendrier électoral qui, selon la Constitution, doit se tenir entre 20 et 35 jours avant la fin du quinquennat, soit avant le 14 mai 2027.



