Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a dévoilé sa première vidéo de campagne officielle le 23 juin 2026, suscitant une vive polémique. Dans cette séquence de deux minutes, un jeune homme annonce à sa famille libérale qu'il est « Bibiste », un partisan de Netanyahou, provoquant l'effroi de ses proches. La vidéo, qui diabolise les électeurs de gauche et dépeint la droite comme persécutée, est perçue par ses détracteurs comme une tentative de détourner l'attention de son bilan catastrophique.
Un coming out politique choc
La scène se déroule lors d'un dîner familial. Le fils, issu d'une famille de classe moyenne libérale, annonce qu'il a quelque chose à dire. Son père l'interrompt : « T'es gay ? ». La mère réprimande son mari, mais le fils répond : « Non. Je suis de droite… ». Le père recrache son vin, choqué, et demande : « De droite… Tu veux dire, Bennett, Eisenkot ? », en référence aux chefs de l'opposition. Le fils réplique fièrement : « Non, je suis Bibiste », tandis qu'une musique de film d'action souligne la révélation. La mère hurle, s'étouffe et s'évanouit la tête dans le gâteau. Le père s'écrie alors : « Tu n'aurais pas pu être gay ? ». Un message final indique : « Vous n'êtes pas seuls. Plus de 2 millions d'éle… » (la suite est réservée aux abonnés).
Une stratégie de victimisation
Cette vidéo, selon l'analyse de Dimitri Krier, vise à présenter les partisans de Netanyahou comme une minorité opprimée dans un Israël dominé par la gauche. En réalité, la droite est majoritaire dans le pays, mais le Premier ministre cherche à mobiliser sa base en jouant sur un sentiment de persécution. La vidéo a été diffusée alors que Netanyahou fait face à des critiques croissantes sur sa gestion de la sécurité et de l'économie.
Réactions et impact politique
Les opposants ont dénoncé une manipulation grossière. Yair Lapid, leader de l'opposition, a tweeté : « Netanyahou préfère diviser plutôt que de gouverner. Cette vidéo est une insulte à l'intelligence des Israéliens. » De son côté, le parti Likoud a défendu la campagne en affirmant qu'elle reflétait la réalité des préjugés contre les conservateurs dans les milieux libéraux. Selon un sondage réalisé par l'Institut Smith, 62 % des Israéliens estiment que la vidéo est « inappropriée », tandis que 28 % la jugent « efficace pour mobiliser les électeurs de droite ».
Un bilan contesté
Netanyahou, au pouvoir depuis 2009, est confronté à une inflation galopante (8,5 % en mai 2026) et à une recrudescence des attentats. Son gouvernement d'extrême droite a également provoqué des tensions diplomatiques avec les États-Unis et l'Union européenne. La vidéo de campagne tente de masquer ces échecs en focalisant l'attention sur une guerre culturelle. « C'est une tentative désespérée de détourner le regard de son bilan », a déclaré l'analyste politique Avraham Diskin à la radio israélienne.
Un précédent dans la communication politique
Cette stratégie n'est pas nouvelle : en 2022, Netanyahou avait déjà utilisé une vidéo similaire où un jeune homme annonçait son soutien au Premier ministre à sa famille. Cependant, la version 2026 est plus explicite dans sa diabolisation de la gauche. La chaîne 14, qualifiée d'extrême droite dans la vidéo, est un média pro-Netanyahou qui a gagné en audience ces dernières années. Le message « Plus de 2 millions d'éle… » suggère que les partisans de Netanyahou sont nombreux mais silencieux, un thème récurrent dans les discours populistes.



