Dans les Landes, département historiquement ancré à gauche, une inquiétude grandit face à la progression silencieuse du Rassemblement national (RN). Alors que les habitants déclarent ne pas ressentir de problèmes d'insécurité, la peur de l'essor de l'extrême droite est bien présente. Ce phénomène, observé lors des dernières élections, interroge les partis de gauche sur leur capacité à mobiliser et à contrer cette tendance.
Une progression discrète mais réelle
Le RN a enregistré des scores significatifs dans plusieurs communes landaises, notamment lors des européennes de 2024 et des législatives anticipées. Dans des villes comme Mont-de-Marsan ou Dax, le parti a gagné des points, parfois au détriment des candidats de gauche. Cette progression est d'autant plus notable que le département était considéré comme un bastion de la gauche, avec des figures comme Henri Emmanuelli ou Alain Vidalies.
Les causes de cette montée
Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. D'une part, un sentiment d'abandon dans les zones rurales et périurbaines, où les services publics se raréfient. D'autre part, une campagne du RN axée sur le pouvoir d'achat et l'immigration, qui trouve un écho auprès d'un électorat populaire. La gauche, divisée entre La France insoumise, le Parti socialiste et les Verts, peine à proposer une alternative crédible et unie.
La réaction de la gauche locale
Face à cette situation, les responsables politiques de gauche tentent de réagir. Des réunions publiques sont organisées pour débattre des enjeux locaux et nationaux. Certains élus appellent à un rassemblement des forces progressistes pour faire barrage au RN. Cependant, les divergences stratégiques compliquent cette unité. La question de l'alliance avec La France insoumise, notamment, divise au sein du Parti socialiste.
Un défi pour les prochaines échéances
Les municipales de 2026 et les départementales de 2028 sont dans le viseur. La gauche landaise doit impérativement reconquérir les électeurs perdus et mobiliser son socle électoral. Des initiatives comme des ateliers citoyens ou des campagnes de proximité sont envisagées. Mais le temps presse, et la dynamique du RN semble difficile à enrayer sans une stratégie claire et fédératrice.
En conclusion, l'essor silencieux du RN dans les Landes est un signal d'alarme pour la gauche, qui doit repenser son discours et ses méthodes pour répondre aux préoccupations des habitants. La peur de l'insécurité, bien que non ressentie localement, est instrumentalisée par l'extrême droite, et la gauche doit trouver les mots pour rassurer et convaincre.



