Paris : un ancien propagandiste d'Al-Assad dirige l'ambassade syrienne
Un ancien du régime Al-Assad à la tête de l'ambassade syrienne à Paris

Un héritage controversé à la tête de la diplomatie syrienne à Paris

Dans le 7e arrondissement de Paris, l'ambassade de la République arabe syrienne présente une façade silencieuse. Les volets sont fermés, l'interphone reste anonyme, et la maison en pierre visible depuis la cour voisine semble endormie. Cette discrétion contraste avec la tempête politique déclenchée par la nomination, en mai 2025, de Louay Fallouh comme chargé d'affaires à la tête de cette représentation diplomatique.

Un passé au service de la propagande du régime déchu

Louay Fallouh n'est pas un diplomate comme les autres. Cet homme a été un fidèle serviteur du régime de Bachar al-Assad, portant activement la propagande de la dictature renversée en décembre 2024. Sa carrière diplomatique s'est notamment illustrée à l'Unesco, où il a représenté la Syrie à partir de février 2023, un mois seulement après sa prise de fonction comme représentant permanent auprès de l'institution parisienne.

La chute du régime Assad est intervenue douze ans après le début de la répression sanglante du soulèvement populaire de 2011. Cette dictature est responsable de près de 500 000 morts et de 12 millions de déplacés durant la guerre civile qui a ravagé la Syrie. Le pouvoir est tombé après la prise de Damas par Ahmed al-Charaa et son groupe de rebelles, Hayat Tahrir al-Cham, marquant la fin d'une ère politique.

Une ambassade au statut particulier

L'ambassade syrienne à Paris n'est plus en service actif depuis mai 2012, lorsque la dernière ambassadrice, Lamia Chakkour, a été déclarée persona non grata par le président français François Hollande, nouvellement élu à l'Élysée. Cette décision faisait suite à la répression orchestrée par le régime syrien contre le mouvement populaire de 2011.

La porte de l'ambassade reste pourtant une porte vers un ancien monde. Elle est toujours plaquée d'un écusson arborant le faucon et le drapeau rouge, blanc et noir frappé de deux étoiles vertes, emblèmes d'un régime qui appartient désormais au passé. Ces symboles continuent de susciter des réactions passionnées parmi les communautés syriennes en exil.

Une nomination qui divise

La désignation de Louay Fallouh a provoqué une vague de colère parmi de nombreux Syriens, tant en France que dans la diaspora. Pour eux, cette nomination représente une continuité indésirable avec l'ancien régime, alors que la Syrie tente de se reconstruire après des années de conflit et de dictature.

La présence d'un ancien propagandiste du régime Assad à un poste diplomatique important à Paris soulève des questions sur la transition politique en Syrie et sur la manière dont les anciennes élites du régime se repositionnent dans le nouveau contexte géopolitique. Cette situation illustre les difficultés de la réconciliation nationale et de la construction d'institutions démocratiques après des décennies de régime autoritaire.