Le général Valeri Zaloujny, ancien commandant en chef des forces armées ukrainiennes, s'impose comme une figure incontournable de la politique nationale. Selon un sondage réalisé par l'Institut international de sociologie de Kyiv (KIIS) en juin 2026, 42 % des Ukrainiens se déclarent prêts à voter pour lui lors de la prochaine élection présidentielle, le plaçant en tête des intentions de vote.
Une popularité construite sur le champ de bataille
Zaloujny, âgé de 52 ans, a gagné une immense popularité en tant que commandant en chef des forces armées de 2021 à 2024. Sous sa direction, l'armée ukrainienne a repoussé l'invasion russe de 2022 et mené des contre-offensives réussies. Son départ de l'armée en février 2024, après des divergences avec le président Volodymyr Zelensky, a été perçu comme une décision politique.
Depuis, Zaloujny a multiplié les apparitions publiques et les déclarations, sans pour autant officialiser une candidature à la présidentielle. Il a notamment critiqué la gestion de la guerre par le gouvernement, appelant à une mobilisation plus efficace et à une lutte accrue contre la corruption.
Un contexte politique tendu
La popularité de Zaloujny intervient dans un contexte de lassitude de la guerre et de critiques envers le président Zelensky. Le même sondage KIIS indique que seulement 24 % des Ukrainiens feraient confiance à Zelensky pour un second mandat. La guerre, qui dure depuis plus de quatre ans, a épuisé la population et fragilisé l'économie.
Zaloujny bénéficie également du soutien de plusieurs partis d'opposition, notamment le parti de l'ancien président Petro Porochenko, Solidarité européenne. Selon des analystes politiques, son image de héros de guerre et son discours axé sur la sécurité nationale séduisent un électorat large, au-delà des clivages traditionnels.
Les défis à venir
Malgré sa popularité, Zaloujny devra faire face à plusieurs défis s'il se présente à la présidentielle. La question de la corruption reste centrale : bien qu'il ait promis de lutter contre ce fléau, certains de ses proches ont été impliqués dans des scandales. Par ailleurs, sa position sur les négociations de paix avec la Russie reste floue, ce qui pourrait diviser l'opinion.
Le général devra également composer avec un paysage politique fragmenté. Selon un autre sondage, 35 % des Ukrainiens estiment qu'aucun parti politique actuel ne représente leurs intérêts, ce qui ouvre la voie à de nouvelles forces politiques.
Une élection sous haute tension
La prochaine élection présidentielle, prévue pour mars 2029, s'annonce comme un tournant pour l'Ukraine. La guerre, la reconstruction et l'intégration européenne seront au cœur des débats. Zaloujny, s'il se lance, pourrait incarner un changement de cap, mais son passé militaire et son manque d'expérience politique pourraient être des handicaps.
Pour l'heure, le général reste discret sur ses intentions. Interrogé par le Kyiv Independent, il a déclaré : "Je suis concentré sur la sécurité de mon pays. Le reste viendra en son temps." Une phrase qui laisse planer le doute sur ses ambitions politiques.



