Les think tanks, une cible d'influence étrangère à Bruxelles révélée par une note exclusive
C’est une première en France. Jusqu’à présent, l’influence réelle des think tanks, ces structures d’origine anglo-saxonne souvent qualifiées d’« objets politiques non identifiés » par le sociologue Marc Patard, n’avait jamais été analysée en détail. Cette négligence s’avère aujourd’hui être une erreur significative, comme le révèle une note exclusive du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan, dévoilée par L’Express.
Une ambiguïté exploitée par des puissances hostiles
Depuis plusieurs années, des puissances hostiles à l’Union européenne profitent de l’ambiguïté intrinsèque des think tanks. Ces instituts se situent en effet à mi-chemin entre la recherche universitaire et le plaidoyer politique, une position floue qui facilite leur infiltration. À Bruxelles, cœur politique de l’UE, cette stratégie d’influence prend une ampleur inquiétante.
Les auteurs de la note alertent : « Si la sphère bruxelloise restait jusqu’à récemment relativement consensuelle, on note depuis peu la montée en puissance d’un écosystème d’expertise alternatif. » Cet écosystème est décrit comme étant plus proche des positions eurosceptiques et conservatrices de partis politiques considérés en dehors du « cordon sanitaire » traditionnel, tels que les Patriotes pour l’Europe et les Conservateurs et réformistes européens.
Un indice d’influence basé sur quatre critères clés
Pour étayer leur démonstration, les chercheurs ont développé un « indice d’influence » innovant, reposant sur quatre critères objectifs :
- Le budget alloué aux think tanks,
- Leurs effectifs en personnel,
- Le nombre de publications produites,
- La fréquence des contacts avec la Commission européenne.
Cette méthodologie rigoureuse permet de quantifier l’impact réel de ces structures, au-delà des simples perceptions. Elle met en lumière comment des acteurs extérieurs utilisent les think tanks comme des leviers pour diffuser des idées contraires aux intérêts fondamentaux de l’Union européenne.
La note souligne ainsi un changement de paradigme dans le paysage bruxellois, où la neutralité supposée de l’expertise est de plus en plus compromise. Cette révélation appelle à une vigilance accrue et à une réflexion approfondie sur la régulation de ces « objets politiques non identifiés », dont l’influence, longtemps sous-estimée, s’avère désormais cruciale pour la sécurité et la cohésion de l’UE.



