Depuis le lancement de sa campagne contre l’Iran, Donald Trump a redoublé de virulence verbale, au point de s’aliéner certains de ses appuis originels. Mais ces saillies pourraient lui coûter bien plus que cela, estime Gregory A. Daddis, professeur d’histoire à l’université Texas A&M. Dans un article paru dans Foreign Policy, il explique en quoi la verve acerbe du président serait « contre-productive », y compris pour sa politique étrangère, en rendant plus difficile l’adhésion populaire.
Un président frustré et aveuglé
Fin observateur de la politique américaine, Daddis décrit un président frustré, aveuglé par la certitude qu’après le succès de son entreprise au Venezuela, le dossier iranien connaîtrait un destin similaire. Au point de ne plus pouvoir s’appuyer que sur des mots. Interrogé par L’Express, il détaille son analyse.
Pourquoi une rhétorique contre-productive ?
Daddis explique que toute nation en guerre doit projeter sa puissance militaire. Or, sous Trump, les États-Unis, engagés au Moyen-Orient, font face à deux problèmes. Le premier : l’administration a « trop papillonné ». Le public américain comme les dirigeants iraniens sont confus quant aux objectifs de l’intervention militaire. Trump a évoqué tour à tour le nucléaire, le pétrole, puis un changement de régime. Ce manque de cohérence empêche les Américains de comprendre et donc de soutenir véritablement sa politique.
Cette absence de stratégie claire rend la rhétorique agressive inefficace, voire nuisible. Les mots ne suffisent pas à remplacer une vision cohérente et un soutien populaire solide.



