Macron en Arménie : partenariat stratégique et contrats signés
Macron en Arménie : partenariat stratégique signé

Emmanuel Macron achève ce mardi 5 mai 2026 une visite d'État en Arménie, ex-république soviétique partagée entre aspirations européennes et liens historiques avec la Russie, par la signature d'un partenariat et de contrats destinés à intensifier une relation bilatérale déjà dense.

Une relation historique

La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux États-Unis, avec 400 000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants. Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'État aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de « Vive l'Arménie ! Vive la France ! »

Au premier jour de la visite ce lundi 4 mai 2026, Emmanuel Macron a rappelé cette « relation singulière », l'accueil à Marseille des réfugiés fuyant les massacres d'Arméniens perpétrés par l'Empire ottoman lors de la Première guerre mondiale, la mobilisation de la France lors du tremblement de terre de 1988 en Arménie, l'empreinte du chanteur Charles Aznavour entre les deux pays.

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La Russie absente

La France a aussi toujours soutenu l'Arménie dans son combat meurtrier face à l'Azerbaïdjan après la chute de l'URSS en 1991. « Beaucoup en Europe nous regardaient comme des bêtes étranges » quand d'autres préféraient cultiver leurs relations énergétiques et commerciales avec Bakou, a-t-il raconté. Au plus fort de la guerre autour de l'enclave séparatiste du Karabakh en 2023, la Russie qui compte encore 4 000 soldats en Arménie, « n'était pas là, pas plus qu'elle n'est là pour le Venezuela quand il a des problèmes […] ou le régime malien lorsqu'il est bousculé par les terroristes », a-t-il lancé.

Le président a aussi salué le choix de l'Arménie et de son Premier ministre, Nikol Pachinian, de « se tourner vers l'Europe », malgré les avertissements à peine voilés de la Russie. Une aspiration consacrée par la tenue lundi du sommet de la Communauté politique européenne, avec une quarantaine de dirigeants de toute l'Europe, et du premier sommet UE-Arménie mardi à Erevan.

Un partenariat stratégique

Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant « les efforts de défense inédits » et ouvrant de « nouvelles pages économiques » entre les deux pays, a esquissé le chef de l'État. La coopération de défense inclut déjà un volet aérien avec la commande de trois radars français et la formation par la France de soldats arméniens. L'Arménie a aussi passé commande de 36 canons Caesar en 2024.

Des contrats vont également être signés dans le domaine des transports, a indiqué l'Élysée, évoquant des « prospects potentiels pour Airbus » ainsi que « l'engagement de l'État français » dans la construction d'un tunnel sur l'axe routier arménien nord-sud.

Programme de la visite

Le président s'inclinera dans la matinée au Mémorial commémorant les massacres d'Arméniens à Erevan. Il visitera le musée Matenadaran qui renferme une vaste collection de manuscrits anciens arméniens et va conclure un accord de coopération avec la Bibliothèque nationale de France. Le président Macron et le Premier ministre Pachinian se rendront aussi à Gyumri, ville martyre du tremblement de terre qui fit quelque 25 000 morts le 7 décembre 1988 dans le nord-ouest du pays.

« Le choix que vous avez fait de l'indépendance pleine et entière, de la paix, de la stabilité dans cette région, le choix de l'Europe et de la prospérité sont ceux que nous soutenons. Nous voulons être de cette aventure », a lancé Emmanuel Macron lors d'un dîner en son honneur au palais présidentiel.

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