Jenny Briffa est une figure emblématique du mouvement indépendantiste kanak en Nouvelle-Calédonie. À 67 ans, cette femme politique, membre du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), continue de militer pour l’émancipation de son peuple. Son parcours, marqué par des années de lutte, illustre les espoirs et les défis de la cause indépendantiste.
Un engagement précoce
Née en 1954 à Nouméa, Jenny Briffa grandit dans une famille modeste. Très tôt, elle prend conscience des inégalités entre les communautés kanak et européenne. « J’ai vu mon père, ouvrier, être traité différemment des employés blancs », confie-t-elle. Cette prise de conscience la pousse à s’engager dans le mouvement indépendantiste dès les années 1970. En 1984, elle participe à la création du FLNKS, coalition de partis luttant pour l’indépendance.
Une carrière politique marquée
Jenny Briffa occupe plusieurs postes clés. Elle est élue au Congrès de la Nouvelle-Calédonie en 1995, puis réélue à plusieurs reprises. En 2009, elle devient vice-présidente du gouvernement local, poste qu’elle occupe jusqu’en 2014. Durant son mandat, elle se concentre sur les questions sociales et éducatives, notamment la promotion de la culture kanak. Selon elle, « l’indépendance ne se limite pas à un statut politique, elle passe aussi par la reconnaissance de notre identité ».
Les défis du référendum
La Nouvelle-Calédonie a organisé trois référendums sur l’indépendance entre 2018 et 2021, tous rejetés par les urnes. Jenny Briffa, bien que déçue, reste déterminée. « Ces résultats ne signifient pas la fin de notre combat. Nous devons continuer à convaincre », affirme-t-elle. Elle pointe du doigt le poids des communautés non-kanak et les pressions économiques. Le taux de participation élevé (plus de 80 % aux trois scrutins) montre selon elle l’attachement des Calédoniens à leur avenir.
Un portrait nuancé
Au-delà de son engagement politique, Jenny Briffa est décrite comme une femme pragmatique et ouverte au dialogue. « Elle sait tendre la main, même à ses adversaires », témoigne un ancien collègue. Sa longévité en politique (plus de 40 ans) témoigne de sa résilience. Aujourd’hui, elle se consacre à la transmission de son expérience aux jeunes générations. « Il faut que les jeunes kanaks prennent le relais, avec leurs propres idées et leur énergie », conclut-elle.



