L'Iran met en garde les États-Unis avant la visite de Netanyahu à Washington
Iran: avertissement aux USA avant visite Netanyahu

L'Iran lance un avertissement diplomatique avant les discussions cruciales à Washington

L'Iran a émis ce mardi 10 février un avertissement solennel aux États-Unis, les exhortant à résister aux "influences destructrices" susceptibles de compromettre la fragile reprise des pourparlers entre les deux nations. Cet appel intervient à la veille de la visite très attendue du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Washington, où il doit rencontrer le président américain Donald Trump.

Un message clair adressé à l'administration américaine

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a déclaré devant la presse : "Notre partenaire dans les négociations est l'Amérique. C'est à l'Amérique de décider d'agir indépendamment des pressions et des influences destructrices qui nuisent à la région." Ce discours diplomatique ciblé vise directement les relations étroites entre Washington et Tel-Aviv.

Le représentant iranien a poursuivi en accusant "le régime sioniste (Israël) d'agir en saboteur et de montrer à maintes reprises son opposition à tout processus diplomatique visant la paix dans notre région." Ces déclarations interviennent alors que Benjamin Netanyahu s'apprête à plaider pour une ligne plus ferme contre Téhéran concernant le programme de missiles iraniens et la sécurité d'Israël.

Un contexte diplomatique particulièrement tendu

La reprise du dialogue entre Téhéran et Washington, initiée vendredi à Oman, constitue la première tentative de négociation depuis la guerre de douze jours déclenchée en juin par Israël. Ce conflit avait vu des frappes cibler des hauts responsables militaires iraniens, des scientifiques nucléaires et divers sites stratégiques, ainsi que des zones résidentielles.

Les États-Unis s'étaient joints à leur allié israélien en frappant trois sites nucléaires iraniens dans la nuit du 21 au 22 juin. En réponse, Téhéran avait lancé des attaques de drones et de missiles contre Israël, tout en ciblant la plus grande base militaire américaine au Moyen-Orient, située au Qatar.

Des positions diplomatiques divergentes

Suite à cette "très mauvaise expérience", le porte-parole iranien a affirmé : "Nous sommes déterminés à garantir les intérêts nationaux de l'Iran par la voie diplomatique." Téhéran souhaite des discussions centrées exclusivement sur son programme nucléaire, réaffirmant son droit à enrichir l'uranium à des fins civiles, tandis que les pays occidentaux et Israël l'accusent de chercher à se doter de l'arme nucléaire.

De leur côté, les États-Unis, qui ont déployé une vaste force navale dans le Golfe après la répression meurtrière de manifestations en Iran, exigent un accord plus complet. Cet accord devrait inclure la limitation des capacités balistiques du pays et l'arrêt de son soutien à des groupes armés hostiles à Israël.

Les enjeux de la rencontre Trump-Netanyahu

La rencontre prévue mercredi 11 février entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu revêt une importance capitale pour l'avenir des relations américano-iraniennes. L'Iran surveillera attentivement les conclusions de cet entretien, craignant que les positions israéliennes n'influencent significativement la politique américaine dans la région.

Cette visite intervient à un moment particulièrement sensible où les deux puissances tentent de rétablir un dialogue rompu par des mois de tensions militaires et diplomatiques. L'appel iranien à résister aux "influences destructrices" constitue donc un message préventif visant à préserver l'espace de négociation fragile qui s'est ouvert à Oman.