Vers un apaisement des tensions entre la Chine et Taïwan ?
L'empire du milieu semble laisser entendre une volonté de détente, avec la mise en place de mesures concrètes pour renforcer les échanges avec Taïwan dans des domaines clés comme les voyages et la culture. Ces annonces ont été faites ce dimanche, au dernier jour d'une rare visite d'une délégation de l'opposition taïwanaise en Chine continentale.
Une visite historique du Kuomintang
Cheng Li-wun, la première présidente du Kuomintang (KMT) depuis dix ans, s'est rendue de l'autre côté du détroit de Taïwan, qui sépare l'île du continent. Au cours de son déplacement, elle s'est entretenue avec le chef de l'État chinois, Xi Jinping. La présidente a réaffirmé son opposition à l'indépendance de Taïwan et a plaidé pour des relations apaisées entre Pékin et Taipei, soulignant la nécessité « d'éviter une guerre ».
Dix mesures pour promouvoir le développement pacifique
Dans la foulée de cette visite, Pékin a diffusé une liste de dix mesures visant à « promouvoir le développement pacifique des relations à travers le détroit et accroître le bien-être de nos compatriotes », selon l'agence publique Chine nouvelle. Ces annonces sont intervenues quelques heures avant le retour prévu de la délégation taïwanaise à Taipei.
Parmi les dispositions annoncées :
- Le relancement du « programme pilote pour les voyages individuels » vers Taïwan pour les habitants de Shanghai et de la province de Fujian (est).
- La « reprise totale » des vols directs entre Taïwan et plusieurs villes du continent, comme Xi'an (centre).
- L'autorisation d'importer des séries et documentaires taïwanais, à condition qu'ils soient « correctement orientés, sains et de haute qualité ».
Réactions mitigées de part et d'autre
Le vice-président du KMT, Chang Jung-kung, a salué ces mesures dans un communiqué de presse, les qualifiant de « bienvenues » pour stimuler le « développement pacifique » des relations Pékin-Taipei.
Cependant, la porte-parole de la présidence taïwanaise, Karen Kuo, a exprimé des réserves. Elle a déclaré que la plupart de ces mesures avaient « longtemps été soumises à des ouvertures et fermetures intermittentes, sans respect des mécanismes de marché ni des normes internationales ». Elle a ajouté : « Comme par le passé, la Chine n'a une fois de plus pas suivi les canaux existants pour négocier avec notre gouvernement ».
Ces initiatives marquent un pas potentiel vers un apaisement, mais elles soulèvent aussi des questions sur les modalités de leur mise en œuvre et sur la réponse officielle de Taipei.



