Le président français Emmanuel Macron et la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni sont en pleines négociations pour désigner un nouveau haut représentant international en Bosnie-Herzégovine. Ce poste, créé par les accords de Dayton en 1995, est crucial pour superviser la mise en œuvre civile de l'accord de paix et pour contrer les velléités séparatistes des dirigeants serbes de Bosnie.
Un processus de sélection sous tension
Les deux dirigeants cherchent à remplacer Christian Schmidt, l'actuel haut représentant, dont le mandat expire prochainement. Selon des sources diplomatiques, la France et l'Italie peinent à trouver un consensus sur un candidat unique. Paris soutiendrait un diplomate français, tandis que Rome pousse pour un Italien. Cette divergence ralentit le processus de nomination, alors que la situation politique en Bosnie reste fragile.
Le haut représentant dispose de pouvoirs étendus, notamment celui de destituer des responsables politiques et d'imposer des lois. Depuis 2021, Christian Schmidt a utilisé ces prérogatives pour annuler des lois séparatistes adoptées par les autorités serbes de Bosnie. Les tensions ethniques persistent, avec des appels répétés à la sécession de la Republika Srpska, l'entité serbe du pays.
Un enjeu géopolitique majeur
La nomination intervient dans un contexte de rivalités entre puissances occidentales et influence russe dans les Balkans. La Russie, alliée des Serbes de Bosnie, s'oppose à toute prolongation des pouvoirs du haut représentant. L'Union européenne, quant à elle, insiste sur la nécessité de maintenir une présence forte pour éviter un retour des conflits.
Selon un diplomate européen cité par l'AFP, "la France et l'Italie doivent trouver un compromis rapidement, car le vide pourrait être exploité par des acteurs hostiles à la stabilité du pays". Les discussions se poursuivent en marge des sommets européens, sans date butoir officielle.
Quel avenir pour le bureau du haut représentant ?
Au-delà de la nomination, se pose la question de l'avenir même de cette institution. Certains pays, dont la Russie et la Chine, réclament sa dissolution, estimant qu'elle entrave la souveraineté de la Bosnie. En revanche, les États-Unis et la majorité des pays européens jugent son maintien indispensable pour préserver la paix.
En 2022, le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé le mandat de Christian Schmidt pour un an, malgré l'opposition de Moscou. La Bosnie reste divisée entre une fédération croato-bosniaque et une entité serbe, avec un État central faible. Le nouveau haut représentant devra composer avec ces fractures tout en favorisant les réformes nécessaires à l'adhésion à l'UE.



