Cinq jeunes, dont trois mineurs, ont été mis en examen et placés en détention provisoire pour le passage à tabac mortel d'un adolescent de 17 ans à Narbonne, a annoncé mercredi le procureur de la ville, Jean-Philippe Rey. La victime, un jeune confié à l'aide sociale à l'enfance, a été découverte inanimée sur un chantier samedi matin après avoir été rouée de coups la veille au soir. Elle a succombé mardi de ses blessures.
Un guet-apens prémédité
« Les éléments recueillis laissent penser que ces faits d'une extrême gravité étaient prémédités et que les mis en examen avaient tendu un guet-apens à la victime en l'attirant dans un chantier pour le battre à mort », a détaillé Jean-Philippe Rey lors d'une conférence de presse. Le jeune homme présentait, lors de sa prise en charge par les pompiers, « de multiples hématomes au visage ainsi que divers saignements au niveau de la bouche et du nez ».
Identification via les réseaux sociaux
Les cinq suspects ont été identifiés grâce à des vidéos circulant sur les réseaux sociaux. Ils ont rapidement été interpellés et placés en garde à vue avant d'être présentés mardi à un juge d'instruction, qui les a mis en examen pour tentative d'assassinat. C'est lors de leur passage devant le juge que « le décès de la victime a été porté à la connaissance du parquet ».
Indignation politique
Ce drame a provoqué de l'émoi dans la classe politique. « À Narbonne, Louis, un jeune homme de 17 ans, est mort, tué après avoir été lâchement frappé au sol à de multiples reprises. Les auteurs présumés ont été interpellés et doivent être jugés », a réagi le député insoumis Antoine Léaument. « Louis, 17 ans, a été lynché à mort avec une violence inimaginable, filmé par ses agresseurs hilares, laissé agonisant pendant toute une nuit et retrouvé inerte sur un chantier à Narbonne », a commenté Jordan Bardella, président du RN, sur X. « Le calvaire du jeune Louis, 17 ans, lynché à Narbonne soulève le cœur et nourrit une immense colère chez les Français face à cette barbarie du quotidien qui ne peut plus être minimisée, relativisée ou dissimulée », a ajouté Marine Le Pen. « Hier, Louis, un adolescent de 17 ans est décédé à Narbonne. Attiré dans un guet-apens. Roué de coups. Laissé pour mort sur un chantier », a abondé Gabriel Attal, dénonçant « des bourreaux » et « une violence exacerbée au sein d'une partie de notre jeunesse ».



