Abrogation du Code noir : des députés et historiens réunionnais regrettent un texte flou
Abrogation du Code noir : députés et historiens réunionnais déçus

L'Assemblée nationale a voté, le 28 mai 2026, l'abrogation du Code noir, cet ensemble de textes juridiques qui régissait l'esclavage dans les colonies françaises. Mais cette abrogation, saluée par de nombreux élus, suscite la controverse parmi les députés et historiens réunionnais. Ils regrettent que la loi ne mentionne pas explicitement les îles de l'océan Indien, comme La Réunion, Maurice ou Madagascar, pourtant concernées par ce code.

Un texte jugé trop vague

Le Code noir, promulgué en 1685 par Louis XIV, définissait le statut des esclaves dans les colonies. Sa version de 1723 incluait les Mascareignes (La Réunion, Maurice, Rodrigues) et plus tard Madagascar. Or, la loi votée ne cite que les Antilles et la Guyane. Les députés réunionnais estiment que cette omission est une erreur historique et politique. « C'est un manque de reconnaissance envers les victimes de l'esclavage dans l'océan Indien », a déclaré un député local.

Des historiens montent au créneau

Plusieurs historiens spécialistes de l'esclavage dans l'océan Indien ont exprimé leur mécontentement. Selon eux, ne pas mentionner ces îles revient à nier une partie de l'histoire. « Le Code noir a été appliqué à La Réunion dès 1723, et ses effets ont perduré jusqu'à l'abolition de 1848. L'ignorer, c'est faire un impair historique », souligne un historien de l'université de La Réunion. Ils appellent à un amendement pour corriger le texte.

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  • La loi abroge le Code noir dans son principe, mais sans précision géographique.
  • Les députés réunionnais demandent une mention explicite des îles de l'océan Indien.
  • Une pétition en ligne a recueilli plus de 10 000 signatures en une semaine.

Un débat qui dépasse les frontières

Cette controverse dépasse le cadre local. À Maurice et à Madagascar, des associations mémorielles ont également réagi. Elles estiment que l'omission est une offense à la mémoire des esclaves de ces îles. « Le Code noir a marqué nos sociétés, et son abrogation doit être un acte symbolique fort, incluant tous les territoires concernés », a déclaré un porte-parole d'une association mauricienne.

Le gouvernement, par la voix du ministère des Outre-mer, a indiqué être ouvert à une clarification. Une commission parlementaire pourrait être saisie pour examiner un éventuel amendement. En attendant, le texte voté reste en l'état, suscitant l'incompréhension et la colère de nombreux acteurs de la mémoire de l'esclavage dans l'océan Indien.

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