Le pétrolier Deyna, soupçonné d'appartenir à la flotte fantôme russe, quitte les eaux françaises
Le pétrolier cargo Deyna a finalement quitté les eaux françaises après plusieurs semaines d'immobilisation. Ce navire, fortement soupçonné d'appartenir à la fameuse « flotte fantôme » russe, avait été arraisonné en Méditerranée au mois de mars dernier avant d'être immobilisé dans le golfe de Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône.
Une immobilisation levée après condamnation
Selon un communiqué conjoint émis par le ministère de la Justice, le préfet des Bouches-du-Rhône et le préfet maritime de la Méditerranée, l'immobilisation du Deyna a été officiellement levée suite à la condamnation de la société propriétaire du navire. En effet, le tribunal judiciaire de Marseille a condamné cette société ce mercredi dans le cadre d'une procédure de comparution sur reconnaissance de culpabilité (CRPC).
La société a écopé d'une amende de confiscation pour défaut de pavillon, après avoir « omis de justifier de la nationalité du navire ». Le montant de cette sanction a été intégralement versé à l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc).
Interception et surveillance renforcée
Le Deyna, qui transitait initialement sous pavillon mozambicain, avait été intercepté le 20 mars dans les eaux internationales par la marine française. Il avait ensuite été dérouté vers Fos-sur-Mer où il était immobilisé depuis le 23 mars. La société propriétaire s'est engagée à obtenir rapidement un nouveau pavillon pour le navire.
Jusqu'à sa sortie des eaux sous juridiction nationale, le Deyna est resté sous surveillance étroite des autorités maritimes françaises. Les autorités ont précisé que cette surveillance a été maintenue jusqu'au moment où le navire a quitté les eaux françaises.
Un contexte de sanctions internationales
Il s'agit du troisième pétrolier présumé appartenir à la flotte fantôme russe à être intercepté par la France. Cette flotte fantôme permet à Moscou de contourner les sanctions internationales liées à la guerre en Ukraine. Fin mars, le président Emmanuel Macron avait assuré que Paris ne « laissera pas faire » ce financement illégal de l'effort de guerre russe.
Cette affaire illustre la détermination des autorités françaises à lutter contre les tentatives de contournement des sanctions. La condamnation de la société propriétaire et le versement de l'amende marquent une étape importante dans cette lutte, même si le navire a finalement pu reprendre la mer.



