Un traitement contre la calvitie sous surveillance renforcée
Face aux risques avérés de troubles mentaux et d'idées suicidaires, l'accès au finastéride 1 mg, médicament largement prescrit contre la calvitie masculine, fait l'objet de nouvelles restrictions. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a décidé d'imposer une attestation annuelle d'information partagée, qui devra être cosignée par le médecin et son patient.
Une mesure de protection indispensable
À partir du 16 juin, tout renouvellement de ce traitement destiné aux hommes de 18 à 41 ans nécessitera la présentation de ce document en pharmacie. Cette attestation de deux pages détaille précisément :
- Les effets secondaires potentiels du médicament
- Les risques psychiatriques documentés
- Les comportements à adopter pendant le traitement
- Les conditions d'encadrement médical nécessaires
"Cette mesure vise à instaurer un véritable dialogue entre le médecin et le patient autour des dangers encourus", explique l'ANSM, qui avait déjà mis en place un document d'information en 2019, mais sans obligation de signature conjointe.
Des effets secondaires graves et parfois irréversibles
Les alertes concernant le finastéride ne sont pas nouvelles. Les autorités sanitaires connaissent depuis des années ses effets indésirables sur :
- La santé mentale : troubles de l'humeur, dépression, pensées suicidaires
- La sexualité : baisse de la libido, dysfonction érectile
Mais une expertise commandée l'année dernière à la Base nationale de pharmacovigilance a révélé l'ampleur réelle du problème. Les résultats publiés en septembre montrent que plus d'un tiers des cas de troubles psychiatriques rapportés sous finastéride étaient isolés, sans antécédents psychiatriques identifiables.
Des chiffres qui inquiètent
L'analyse de 110 cas présentant des troubles psychiatriques a permis de constater que :
- 39% présentaient des symptômes de type "idées noires"
- Quatre patients ont tenté de se suicider
- Un patient est décédé
- Ces troubles ne sont réversibles que dans la moitié des cas étudiés
"Ces éléments renforcent la nécessité d'une surveillance accrue et d'une évaluation rigoureuse des risques psychiatriques chez ces patients", souligne le rapport, qui précise que le nombre de cas de troubles dépressifs pourrait avoir été sous-estimé.
Une vigilance nécessaire pour 30.000 patients
Chaque année, environ 30.000 hommes en France prennent du finastéride 1 mg pour lutter contre la perte de cheveux. La nouvelle attestation obligatoire représente donc une mesure de santé publique significative, visant à mieux informer les patients des risques potentiellement graves associés à ce traitement.
L'ANSM rappelle que pour les personnes en souffrance psychique, leur entourage, les professionnels de santé ou les personnes endeuillées par le suicide d'un proche, la ligne d'écoute 3114 reste accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, avec des appels gratuits et confidentiels.



