Les ministères de l’Éducation nationale et des Armées organisent, avec l’Institut des hautes études de défense nationale, une conférence ce lundi 27 avril à Mourenx. Au cœur du propos, le besoin des armées à recruter des femmes pour garnir les rangs.
La femme est-elle l’avenir de la guerre ?
La question peut apparaître saugrenue, voire brutale. Elle sera toutefois, formulée moins directement, au cœur des discussions ce lundi 27 avril, à 18 heures, à l’amphithéâtre de la CCLO, à Mourenx, lors d’une conférence publique. « Cette conférence invite à une réflexion : les femmes pourraient-elles constituer une réponse aux défis capacitaires des armées de demain ? » indique le communiqué des organisateurs. Et dans quelles mesures cette évolution, déjà constatée ailleurs, pourrait concerner la société française ?
L’exemple de l’étranger
L’Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN) rappelle que l’histoire récente montre que les pays engagés dans des conflits ont déjà franchi ce cap. En Israël, au Kurdistan face à Daesh, ou plus récemment en Ukraine, « l’intégration des femmes dans les forces combattantes s’est imposée comme un levier stratégique, contribuant à renforcer les capacités opérationnelles par l’élargissement du vivier de recrutement », écrit l’Institut.
13 % de femmes actuellement
Qu’en est-il en France alors que le chef de l’État a relancé le service national le 27 novembre dernier ? Les premiers volontaires, âgés de 18 à 19 ans, rejoindront les drapeaux cet été. L’objectif est d’en réunir 3 000 cette année, avec un objectif de 10 000 par an en 2030, puis une ambition de 50 000 en 2035. Or, l’armée française, qui recrute 15 000 nouveaux soldats professionnels par an, est confrontée à une tendance qui inquiète sa hiérarchie. Sa cible privilégiée des 18-25 ans va commencer à décliner dans la pyramide des âges à partir de 2032.
Et sur les 15 000 recrues annuelles, seules 13 % sont des femmes. Le beau sexe demeure ainsi un vivier prometteur.
Un appel à recruter plus de femmes
« J’aimerais sincèrement que ce chiffre soit plus important », confirme le général Arnaud Goujon, sous-directeur du recrutement de l’armée de terre, dans une interview au magazine « Le Point » publiée ce 1er avril. Et d’expliquer que les femmes sont désormais systématiquement mises en avant dans la communication de l’armée française. Dans leur communiqué, les organisateurs de la conférence suggèrent la constitution d’unités féminines homogènes « comme une option permettant de renforcer rapidement l’efficacité opérationnelle ». Un débat qui s’annonce passionnant.



