Les États-Unis viennent de passer une commande massive de lanceurs de défense aérienne IFPC Increment 2, pour un montant de 617 millions de dollars. Ce contrat, attribué à l'entreprise américaine Leidos, prévoit la production de 100 lanceurs destinés à renforcer les capacités de défense antiaérienne de l'armée de terre américaine. Cette commande s'ajoute à des contrats antérieurs de 356 millions de dollars signés en juillet et septembre 2025, portant ainsi l'investissement total autour de ce système à 1,2 milliard de dollars. Ce déploiement financier colossal témoigne d'une évolution nette des priorités militaires américaines, dans un contexte de guerre au Moyen-Orient.
Une réponse à la menace des drones et missiles de croisière
Le conflit au Moyen-Orient a confirmé les craintes américaines : la menace posée par les drones et les missiles de croisière à bas coût est bien réelle et l'arsenal actuel peine à y faire face. En trente-neuf jours de combat, les États-Unis ont dû utiliser des armes de précision coûteuses pour abattre 13 000 cibles iraniennes. Cette débauche de moyens militaires risque, à long terme, d'épuiser les stocks américains. C'est dans ce contexte que l'IFPC Increment 2 entre en jeu. Ce système basé au sol est spécifiquement conçu pour assurer la protection contre les missiles de croisière et les drones. Il offre également un avantage majeur : une rapidité de déploiement exceptionnelle, grâce à sa compatibilité avec les infrastructures existantes.
Une approche multicouche de la défense
Dans un premier temps, l'intercepteur principal de ce système sera l'AIM-9X Sidewinder, réputé pour ses performances en combat aérien rapproché. À terme, l'armée américaine prévoit d'ajouter un nouvel intercepteur, optimisé spécifiquement pour contrer les missiles de croisière. Le contrat avec Leidos, qui s'étend jusqu'à la fin de la décennie, ne se limite pas à la fabrication : il inclut également des phases de recherche pour développer de nouveaux systèmes de défense. L'objectif est d'adopter une approche dite "multicouche" de la menace, en combinant des systèmes capables d'intercepter des attaques à différentes distances et altitudes. Cette stratégie, en plus d'être efficace, est plus économique : utiliser un système adapté à chaque type d'attaque permet d'optimiser les coûts. Un paramètre crucial alors que des experts interrogés par le Financial Times estiment que la guerre en Iran coûte 500 millions de dollars par jour aux États-Unis.



