Alors que les finances de l’Agglomération de Saintes Grandes Rives se tendent, les maires de gauche et l’opposition saintaise appellent le président Bruno Drapron à clarifier ses choix politiques. Leur participation à l’exécutif reste en suspens.
Des finances sous tension
« Je suis désolé, je n’ai pas que des bonnes nouvelles à partager avec vous », a déclaré Philippe Callaud, conseiller délégué aux finances, devant le conseil d’agglomération ce mercredi 22 avril. Il a détaillé les difficultés du rapport d’orientations budgétaires : l’État a réduit les marges de manœuvre tout en imposant une hausse des charges de personnel. En 2026, l’agglomération devra digérer une baisse des recettes d’un million d’euros et une hausse des dépenses de 1,8 million d’euros. Entre 2020 et 2025, la capacité d’autofinancement est passée de 3,1 à 1,2 million d’euros.
L’opposition de gauche interpelle
Ludovic Norigeon, chef de file de l’opposition de gauche à Saintes, a interpellé le président : « Vous devez faire des choix. C’est ici que l’Agglo doit faire preuve de sa diversité et de son ambition. Oui, choisir des projets sous contrainte budgétaire, c’est donner une orientation au territoire. Quelles sont les priorités de ce mandat ? »
En toile de fond, la question du partage de l’exécutif. Les maires de gauche, Jean-Luc Marchais (Bussac-sur-Charente) et Pierre-Henri Jallais (La Chapelle-des-Pots), ont lié leur participation à l’intégration de Jérôme Gardelle, maire de La Jard. « Face aux enjeux du territoire, seules la cohésion et les compétences doivent nous guider. Qui en est le garant ? Vous, M. le président », a insisté Ludovic Norigeon, citant des intercommunalités voisines où les sensibilités politiques cohabitent.
Bruno Drapron a répondu : « Nous mettons tous l’intérêt territorial avant toute chose. Lors du mandat précédent, j’avais voulu renforcer le poids de la conférence des maires. Je n’ai pas l’impression que l’on fonctionne moins bien que les autres intercommunalités. »
Les défis des déchets
Jérôme Gardelle a ensuite pris la parole : « Je vais faire un petit focus sur les déchets, je ne sais pas pourquoi », a-t-il entamé, lui qui présidait la commission concernée lors du mandat précédent. « Pour la seconde année, on a un budget qui présente de bons résultats », a-t-il souligné, sous-entendant qu’il n’y est pas étranger. Il a développé les défis de la gestion des déchets, notamment un désengagement de l’État et la taxe carbone sur les unités de valorisation énergétique qui coûtera un million d’euros à l’Agglomération.
« Ma question va être simple : gardons-nous le cap ? », a interrogé Jérôme Gardelle. « Oui, on garde le cap », a répondu Bruno Drapron. Le président a rejoint Jérôme Gardelle sur la nécessité de corréler la redevance à l’inflation. « On a mangé tout notre fonds de roulement. Cela nous a amenés à réduire le service au moment où on augmentait la facture, c’était la double claque », a-t-il regretté.
L’Agglomération se réunit le mercredi 29 avril pour voter son budget ainsi que les postes de vice-président et conseiller délégué laissés vacants. Il reste quelques jours pour trouver un accord avec la gauche, ou bien se diriger vers une opposition plus frontale.



