Périgueux : la droite relance le débat sur les arrêtés contre les sans-abri
À l'approche de la fin du mandat municipal en mars 2026, la campagne électorale à Périgueux s'enflamme autour de la question des personnes sans domicile fixe. Les candidats de la droite périgourdine n'excluent pas de voter des mesures pour lutter contre les points de fixation de SDF autour de la place Bugeaud, une proposition qui ravive immédiatement les controverses passées.
Le bilan du maire sortant socialiste
Pendant son mandat, le maire socialiste sortant de Périgueux, Émeric Lavitola, a pris deux arrêtés municipaux significatifs. Le premier vise à réguler la circulation des engins de déplacement personnel, comme les trottinettes électriques, en ville. Le second encadre strictement les horaires des épiceries de nuit et les commerces de façade. « Nous entendons les maintenir lors de la prochaine mandature », affirme avec conviction le chef de file de la liste Périgueux nous rassemble, défendant son action municipale.
L'offensive de la droite et ses propositions controversées
Face à ce bilan, le candidat divers droite Michel Cadet réplique vivement : « C'est bien, mais ce n'est pas suffisant ». Le conseiller municipal d'opposition annonce son intention de prendre de nouveaux arrêtés municipaux partout où ils seront jugés nécessaires. Ses propositions incluent :
- Des mesures contre les rodéos urbains et les atteintes à la tranquillité publique.
- Une régulation du regroupement de chiens, même tenus en laisse.
- Un arrêté contre « les occupations abusives et prolongées des rues de nature à entraver la libre circulation des personnes, notamment devant l'entrée des magasins ».
Cette dernière mesure fait directement écho à l'arrêté anti-mendicité adopté par deux fois, en 2014 et 2015, sous l'ancien maire de droite Antoine Audi.
Le rappel d'un précédent juridique sensible
L'arrêté anti-mendicité d'Antoine Audi avait fait l'objet de multiples recours, notamment portés par la Ligue des droits de l'homme de la Dordogne. La délibération avait finalement été annulée en 2016 par le tribunal administratif de Bordeaux, créant un précédent juridique important. « C'était une mesure contre la mendicité agressive », rappelle aujourd'hui Antoine Audi, qui ne s'interdit pas la possibilité de soumettre à son Conseil municipal le vote d'un nouvel arrêté similaire, si le besoin s'en faisait sentir.
Les réactions vives de l'opposition de gauche
Face à ces propositions, les réactions ne se font pas attendre. Le maire sortant socialiste, Émeric Lavitola, oppose une fin de non-recevoir catégorique : « La justice a tranché et il n'y a pas lieu de revenir sur cette décision ». De son côté, Vincent Belloteau, représentant LFI et Périgueux en commun, interroge : « Pourquoi donc un arrêté ? S'il y a infraction à la loi, alors c'est le code pénal qui a vocation à s'appliquer ».
La critique la plus virulente vient de Jonathan Almosnino pour la liste de Lutte ouvrière, qui dénonce avec force : « J'apprends, avec dégoût, cette nouvelle proposition démagogique et crasse qui s'adresse à l'électorat bourgeois et réactionnaire de Périgueux. Plutôt que de s'attaquer à la misère, certains veulent cacher les pauvres qui font tache sur la carte postale ».
Ce débat, qui mêle questions de sécurité publique, de libertés individuelles et de justice sociale, promet d'animer fortement la campagne municipale à Périgueux dans les mois à venir, avec des positions déjà très polarisées entre la droite et la gauche.



