Conseil municipal de Pau : nouvelle ère, stabilité fiscale et débat sur l'arrêté anti-regroupement
Pau : nouveau conseil municipal, stabilité fiscale et arrêté contesté

Une nouvelle ère pour le conseil municipal de Pau

Le conseil municipal de Pau a résolument inauguré une nouvelle ère ce vendredi 10 avril, avec une séance formelle et administrative qui a marqué un tournant dans son fonctionnement. Pour la première fois, l'assemblée des élus communaux s'est réunie en début d'après-midi, à 14 heures, et a procédé à son premier vote électronique, une innovation destinée à moderniser les débats.

Un calendrier révisé pour plus d'efficacité

Le maire, Jérôme Marbot, a justifié ce changement d'horaire en expliquant qu'il permettra aux conseillers d'avoir « le temps d'évoquer toutes les délibérations sans finir à 23 heures, affamés et épuisés ». Face aux réticences exprimées par Régis Laurent, qui évoquait les obligations professionnelles de certains élus, l'édile a rappelé que leur mandat leur donne droit à une décharge. Un calendrier des séances sera établi pour permettre à chacun de s'organiser, assurant ainsi une meilleure participation et une gestion plus fluide des affaires communales.

Les dossiers brûlants de l'actualité paloise

En ouverture de cette séance très administrative, consacrée en partie à l'élection des représentants de la ville dans diverses instances et commissions, Jérôme Marbot a abordé deux sujets prégnants. Le premier concerne la polyclinique Pau Pyrénées, anciennement Navarre - Marzet, dont la situation financière est préoccupante depuis l'annonce d'une procédure de redressement judiciaire par le groupe bordelais GBNA, propriétaire depuis 2022.

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La polyclinique au cœur des préoccupations

« Notre volonté est d'œuvrer pour la continuité de l'offre de soins et notamment de la maternité, de trouver une solution pour remédier à une éventuelle fermeture des urgences de la polyclinique », a déclaré le maire. Il a rencontré toutes les autorités de l'État, le directeur de l'hôpital et la direction de la polyclinique pour appréhender le dossier. Une audience au tribunal de commerce est prévue le 14 avril pour nommer un administrateur judiciaire, et Jérôme Marbot entend agir rapidement pour que les 600 salariés obtiennent « des réponses à leurs inquiétudes ».

L'arrêté anti-regroupement sur la sellette

Le second sujet a porté sur l'arrêté municipal de François Bayrou, qui interdit le rassemblement de plus de deux personnes de 10 à 20 heures pour lutter contre les « troubles à l'ordre public ». Le rejet, le 2 avril, par le tribunal administratif de Pau, de la requête d'un collectif d'avocats contre cet arrêté a été salué par Jean Lacoste, ex-adjoint. Cependant, Jérôme Marbot, qui l'avait vivement condamné comme opposant, le juge « absurde et inefficace ».

L'ancien adjoint a souligné « l'incohérence » du nouveau maire, qui laisse le temps à cet arrêté de montrer son efficacité. « Cet arrêté est une solution inadaptée et inefficace aux problèmes de la place d'Espagne », a confirmé Jérôme Marbot, tout en reconnaissant : « Mais il existe ». Il a taclé les actions de prévention de ses prédécesseurs, concluant à un échec de la politique de sécurité publique de François Bayrou. « Malheureusement, aujourd'hui je n'ai que cet arrêté à ma disposition », a-t-il indiqué, précisant que son sort sera reconsidéré une fois que la nouvelle majorité aura lancé de nouvelles dispositions.

Décisions fiscales et indemnités des élus

La séance a également été l'occasion de voter la stabilité des taux d'imposition pour 2026, une mesure visant à assurer une prévisibilité fiscale pour les habitants et les entreprises de Pau. Les élus ont, en outre, voté à l'unanimité des suffrages exprimés, soit 44 voix, le niveau des indemnités des élus.

Une révision des rémunérations

Les indemnités du maire passent de 66,39 % à 61 % de l'indice brut de la fonction publique, permettant de revaloriser celle de la première adjointe de 36 % à 44 %. Les autres adjoints se voient appliquer un taux de 30 %, les conseillers municipaux avec délégation à 19 % et les autres à 6 %. Après les majorations légales, notamment en raison de la qualité de ville préfecture de Pau, les rémunérations brutes seront les suivantes :

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  • 4 558,94 euros pour le maire
  • 3 617,26 euros pour la première adjointe
  • 2 466,31 euros pour les autres adjoints
  • 1 562 euros pour les conseillers délégués
  • 246,63 euros pour tous les autres conseillers

Cette révision vise à mieux répartir les indemnités et à refléter les responsabilités de chacun, tout en maintenant une transparence sur les rémunérations des élus locaux.