Sitôt élue, la nouvelle municipalité de l'île d'Aix, emmenée par Marie Botella, a choisi de revenir sur plusieurs décisions prises par l'équipe précédente de Patrick Denaud. Règlements de comptes ou simple reprise en main ? Les premières mesures ne manquent pas de faire réagir.
Un désistement judiciaire annulé
La décision la plus marquante est sans doute le désistement de la commune de saisir la justice pour récupérer les terrains de la Société des amis de l'île d'Aix (Saia). Cette action en justice, abandonnée par l'ancienne équipe, est désormais remise à l'ordre du jour par la nouvelle maire, qui entend défendre les intérêts fonciers de l'île.
Les calèches dans le viseur
Le 14 avril, Valérie Valade, propriétaire des Calèches de l'île d'Aix et ancienne adjointe de Patrick Denaud, a reçu une mise en demeure de la mairie. Deux jours après avoir réinstallé sa cabane de vente de billets place d'Austerlitz pour la saison, elle doit l'enlever sous un mois, sous peine de poursuites. Déjà l'an passé, la Saia, propriétaire de la place, lui avait demandé la même chose, avant d'augmenter son loyer de 198 %. L'exploitante avait failli jeter l'éponge, et l'idée d'un petit train pour remplacer les véhicules hippomobiles avait été évoquée. Malgré ce qu'elle considérait comme du favoritisme, la Saia avait finalement fait marche arrière. « Je ne sais que répondre aujourd'hui, les calèches, c'est notre patrimoine », déplore la gérante. Marie Botella justifie cette décision : « En tant qu'adjointe, elle s'était affranchie de toute demande pour occuper le domaine public, mais nous, nous l'exigeons. Aix, c'est la France, il y a des règles. »
Interdiction de l'alcool sur la voie publique
Le même jour, la mairie a pris un arrêté interdisant la consommation d'alcool sur les espaces publics de l'île, une première depuis six ans. Certains y voient une mesure dirigée contre le Bar Beau Teint, dont la terrasse très étroite pousse parfois les clients sur la rue. Tony Papin, le gérant, s'est interrogé, d'autant que sa compagne Lucile Vareille est une ancienne élue de Patrick Denaud. Marie Botella réfute cette interprétation : « Il faut prendre cet arrêté chaque année, la gendarmerie nous l'a conseillé en cas de besoin de son intervention. La dernière municipalité ne l'a jamais fait pendant six ans. L'île d'Aix n'est pas une zone de non-droit. »
Retour à la gestion déléguée pour la Maison familiale
Enfin, une décision qui va à l'encontre de ce qu'avait mis en place la précédente équipe. Avec la fin de la délégation de service public (DSP) confiée à l'association La Colo, la Ville gérait en régie municipale la Maison familiale, dont elle est propriétaire, depuis octobre 2025, dans l'esprit d'un tourisme social. Mais depuis ce mois de mai, Marie Botella vient de renommer David Gamon, l'ancien gérant pour le compte de La Colo, comme nouveau responsable de la Maison familiale. « La mairie continue de prendre les réservations et de payer les employés, mais il faut laisser gérer les professionnels du tourisme. Ce n'est pas notre métier », explique-t-elle, reprenant les arguments de l'opposition. D'ici dix-huit mois, la maire relancera une DSP et aimerait confier à nouveau la Maison familiale à La Colo. « C'est une institution, plusieurs générations sont passées par là », commente l'élue, qui assistait à la récente assemblée générale de La Colo aux côtés de la Saia.



