Un maire dénonce une exclusion "antidémocratique" à l'Agglo Béziers Méditerranée
Frédéric Lacas, maire de Sérignan, exprime son amertume et sa colère au lendemain de l'installation du nouveau conseil de l'Agglomération Béziers Méditerranée (CABM). Sa commune, ainsi que cinq autres du territoire, se retrouvent exclues de l'exécutif de la collectivité, une décision qu'il qualifie de "déni de démocratie" flagrant.
Six communes privées de représentation
Les communes de Sérignan, Lieuran-lès-Béziers, Boujan-sur-Libron, Sauvian, Espondeilhan et Valros, soit six des dix-sept que compte l'agglomération, ne siègeront pas au bureau où se discutent les dossiers importants. Cette exclusion intervient malgré les tentatives de dialogue entreprises par Frédéric Lacas, qui avait rencontré Robert Ménard, maire de Béziers et président de l'Agglo, le 1er avril dernier.
"Mon objectif reste inchangé : œuvrer dans le respect de chacun, des communes et des choix exprimés par leurs habitants", insiste l'élu, rappelant sa volonté d'apaisement et de collaboration.
La légitimité des maires remise en question
Le cœur du débat réside dans la légitimité démocratique des élus locaux. Frédéric Lacas souligne avec force que tous les maires ont été choisis au suffrage universel par leurs concitoyens, ce qui devrait leur conférer une égalité de traitement au sein de l'exécutif intercommunal.
"Un président d'Agglomération peut-il se permettre d'exclure, même indirectement, des habitants au motif de divergences avec leurs maires ?", interroge-t-il, pointant du doigt une pratique qu'il juge profondément anti-républicaine.
Un conflit aux racines multiples
Le différend trouve notamment son origine dans un recours engagé par Sérignan contre une délibération de la CABM concernant l'urbanisme et la consommation de foncier. Mais au-delà de ce contentieux spécifique, Frédéric Lacas met en garde contre les conséquences pratiques pour les habitants.
Les enjeux cruciaux comme les transports, le port ou l'accès aux soins risquent d'être affectés par cette exclusion, privant des milliers de citoyens d'une représentation directe dans les décisions qui les concernent.
Une dérive autocratique dénoncée
L'ancien président de l'Agglo (2014-2020) ne mâche pas ses mots pour qualifier la situation. "Mettre de côté les principes fondamentaux de la démocratie et du suffrage universel ne peut être considéré comme républicain", affirme-t-il, ajoutant que "une telle posture s'apparente à une forme d'autocratie".
Il estime que cette approche est incompatible avec l'esprit de solidarité et de responsabilité qui devrait animer une intercommunalité moderne et efficace.
Un appel au retour au bon sens
Face à cette crise institutionnelle, Frédéric Lacas lance un appel solennel au dialogue et à la raison. "Dans l'intérêt de tous, j'espère, dans cette période de crise, que le bon sens revienne chez nous pour un travail ensemble loin de cette mascarade", conclut le premier magistrat de Sérignan.
Son discours, initialement préparé pour la séance d'installation mais finalement non prononcé, résonne aujourd'hui comme un cri d'alarme pour la démocratie locale et le respect des institutions républicaines dans l'Hérault.



