Philippe de Gonneville remporte la présidence de la Coban après un duel serré à Andernos
Gonneville élu président de la Coban, Cédric Pain premier vice-président

Un scrutin incertain jusqu'aux dernières secondes

La présidence de la Communauté d'agglomération Bassin nord, connue sous le nom de Coban, est restée indécise jusqu'au tout dernier moment, ce mardi 14 avril dans la salle du conseil du nouveau siège de l'intercommunalité à Andernos. À quelques instants seulement avant l'ouverture officielle des débats, les négociations et les tractations se poursuivaient activement en coulisses, dans une atmosphère de tension palpable.

Même après l'annonce formelle du scrutin pour désigner le président, plusieurs élus continuaient à échanger des messages texte avec une nervosité évidente, scrutant leurs écrans de téléphone. Cette incertitude électorale, qui durait depuis plusieurs jours déjà, a atteint son paroxysme lors de cette journée particulière, marquée par des rebondissements dignes d'un vaudeville politique.

Un duel attendu entre deux maires

Durant cette séance mouvementée, les scénarios possibles et les alliances potentielles ont fluctué à plusieurs reprises en l'espace de quelques heures seulement. Les lignes téléphoniques ont été particulièrement sollicitées, aboutissant finalement au dénouement le plus anticipé : l'élection de Philippe de Gonneville, le maire Horizons de Lège-Cap-Ferret, à la présidence de la Coban.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le scrutin secret pour la présidence a vu s'opposer deux candidats majeurs. Philippe de Gonneville a remporté 23 voix des élus communautaires, tandis que son adversaire, le maire socialiste de Mios Cédric Pain, n'en a obtenu que 17. Un bulletin blanc est venu compléter ce résultat, confirmant la victoire du maire de Lège-Cap-Ferret.

Des tentatives de compromis de dernière minute

On s'attendait pourtant à une confrontation plus serrée entre les deux candidats déclarés, y compris de la part du perdant Cédric Pain lui-même. Visiblement, ce dernier n'a pas réuni toutes les voix qu'il escomptait. Les observateurs supposent qu'il s'agit notamment de celles des élus de Lanton, dont le nouveau maire Loïc Ballongue, suppléant de la députée Renaissance Sophie Panonacle, a maintenu le suspense sur son choix jusqu'à l'ultime instant.

Il lui a probablement manqué également un ou plusieurs suffrages d'élus communautaires de l'opposition. La nature secrète du scrutin rend impossible toute certitude sur ce point précis. Pour autant, l'épilogue final se rapproche fortement d'un scénario que Cédric Pain avait lui-même proposé un temps, visant à établir un équilibre politique entre, d'une part, le camp plutôt à gauche de la majorité sortante dirigée par la maire socialiste d'Audenge Nathalie Le Yondre et, d'autre part, le centre droit incarné par Philippe de Gonneville.

Vers une cogestion effective

L'idée initiale consistait à s'entendre sur la personnalité relativement consensuelle du maire Horizons de Lège-Cap-Ferret pour la présidence, en échange d'obtenir une première vice-présidence dotée de délégations importantes, dans le cadre d'une forme de cogestion entre ces deux sensibilités politiques. Le fait que Cédric Pain obtienne effectivement cette première vice-présidence en fin de journée mardi va résolument dans ce sens.

Si Cédric Pain s'est malgré tout présenté pour la présidence, c'est parce que cet accord de cogestion n'avait pu être finalisé avant le vote, malgré une ultime tentative de négociation dans les coulisses. L'hypothèse d'une candidature à la présidence du nouveau maire de Lanton Loïc Ballongue, qui entretenait de bonnes relations avec Cédric Pain, a même émergé brièvement mardi comme une possible solution de compromis, sans toutefois aboutir.

Des discours convergents sur la gouvernance

Lors de sa présentation de candidature, le maire de Mios a rappelé que « la gouvernance proposée ne semble pas équilibrée en termes de territoire et de sensibilité politique », faisant référence à la proposition initiale de Jean-Yves Rosazza, maire d'Andernos, comme premier vice-président. Il a exprimé son souhait d'une mandature « transparente, apaisée et une gouvernance partagée », soulignant notamment que le coût des deux piscines prévues à Andernos et Biganos ne devait pas atteindre des sommets de 40 ou 50 millions d'euros.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Philippe de Gonneville a tenu des propos sensiblement similaires pour présenter sa propre candidature, évoquant lui aussi une « gouvernance partagée et transparente » et la nécessité de « raison garder » concernant le financement des piscines. Une fois son élection entérinée, les maires se sont finalement accordés sur l'ordre des vice-présidents, attribuant notamment la première vice-présidence à Cédric Pain, actant ainsi officiellement cette cogestion.

Un consensus financier contesté

Tous les vice-présidents ont été élus, mais certains ont recueilli un nombre significatif de bulletins blancs ou nuls. Nathalie Le Yondre a ensuite présenté le débat sur les orientations budgétaires, en insistant sur le fait que les finances de la Coban étaient « saines ». Une vision qui n'a pas été partagée par Thierry Rossignol, premier adjoint d'Andernos et seule voix discordante, qui a parlé d'un « pseudo-consensus » et affirmé que la situation financière de l'intercommunalité était « nettement moins idyllique ».

En conclusion de cette journée riche en rebondissements, Philippe de Gonneville a réaffirmé la nécessité de « travailler tous ensemble », appelant à l'unité et à la collaboration pour la mandature à venir. Cette élection marque ainsi le début d'une nouvelle gouvernance pour la Coban, fondée sur un équilibre politique négocié et une volonté affichée de transparence.