Un scrutin marathon pour l'élection du président de l'Agglomération
Ce mardi 7 avril, les conseillers communautaires ont vécu une séance marathon de près de sept heures pour procéder à l'élection du nouveau président et des quatorze vice-présidents de l'Agglomération de Mont-de-Marsan. Dès le début de la séance, le suspense a été rapidement dissipé : face à Nicolas Lerègle, unique candidat du Rassemblement national, Frédéric Dutin, nouveau maire de Mont-de-Marsan, savait déjà que son nom émergerait vainqueur du scrutin.
Une victoire nette mais nuancée
À 17h50, les résultats sont tombés : Frédéric Dutin a obtenu 37 voix contre une seule pour le représentant du parti d'extrême droite. Cependant, cette victoire apparente doit être nuancée par la présence de 18 bulletins blancs et un bulletin nul, signe que tous les élus ne se sont pas ralliés sans réserve au nouveau président.
Julien Paris, élu de Saint-Pierre-du-Mont, propose deux interprétations de ce vote : « D'abord politique, un certain nombre d'élus de la droite et du centre ont préféré glisser le bulletin blanc. Mais on note aussi, peut-être, une réticence de certains maires de communes rurales qui ont des craintes vis-à-vis de la position hégémonique de la ville centre. »
Les réserves des maires ruraux
En amont et dans la foulée du scrutin, plusieurs maires de villages ont exprimé leurs préoccupations. Denis Capdeviolle, maire d'Uchacq-et-Parentis, a déclaré : « J'aurais aimé que le président soit issu d'une petite commune, ou à défaut le premier vice-président. » Guy Baché, maire de Bougue, a partagé ce point de vue en rappelant que « la force représentative de Mont-de-Marsan ne devait pas devenir une domination. »
La réponse du nouveau président
Frédéric Dutin a voulu rassurer avant même son élection, promettant qu'« une part très importante ira aux communes rurales de l'Agglomération. » Dans son premier discours, il a précisé sa vision : « J'ai veillé à ce que les deux villes les plus peuplées ne soient pas hégémoniques : Mont-de-Marsan passe de cinq à quatre vice-présidences, Saint-Pierre-du-Mont en conserve trois. Elles sont ainsi à parité avec sept postes, comme les communes rurales. »
Trois sentiments et un leitmotiv
Devant les élus communautaires, Frédéric Dutin a confié que trois sentiments se télescopaient en lui : la gratitude, la fierté et le poids de la responsabilité. Il a exprimé sa reconnaissance envers ses pairs, sa fierté de diriger un territoire qu'il connaît depuis toujours, et a évoqué des souvenirs personnels dans plusieurs communes de l'agglomération.
Mais c'est sur le fond que le nouveau président a été le plus explicite. Prenant la tête d'une collectivité marquée par des débats âpres et une situation financière fragile, il n'a eu qu'un leitmotiv : « Nous devons réussir là où la précédente mandature a manqué. »
Apaisement et collectif comme méthode
Frédéric Dutin a développé sa méthode de gouvernance, qu'il veut axer sur l'apaisement et le collectif : « L'aventure communautaire ne peut pas être individuelle. Elle se doit d'être collective », a-t-il martelé. Il a appelé à dépasser « les appartenances ou chapelles politiques » pour se concentrer sur « l'intérêt commun de nos concitoyens. » Comme durant sa campagne municipale, il souhaite « assainir et apaiser » la collectivité.
Les priorités des habitants au cœur de l'action
Le nouveau président a placé les attentes des habitants au centre de son intervention : « Ce n'est pas la lune qu'ils nous demandent, mais de réenchanter leur quotidien », a-t-il relevé. Il a énuméré les préoccupations exprimées durant la campagne :
- Cadre de vie
- Sécurité
- Services publics
- Dynamisme économique
Pour y répondre, Frédéric Dutin entend s'appuyer sur une méthode fondée sur la cohésion et la transparence : « Les paroles n'ont de sens que si elles sont suivies d'actes concrets », a-t-il prévenu, promettant une action publique structurée autour d'un plan de financement pluriannuel.
Le choix de l'ouverture
Dans un souci d'apaisement, le nouveau président a maintenu certains vice-présidents de la précédente mandature tout en intégrant de nouveaux profils. Frédéric Carrère et Joël Bonnet ont ainsi retrouvé leur maroquin. Mais Joël Bonnet, maire de Saint-Pierre-du-Mont, a prévenu : « Le président a parlé d'apaisement, ce que je souhaite aussi, dans un respect mutuel. Cela ne signifie pas pour autant que nous faisons un chèque en blanc. »
Frédéric Dutin a également annoncé son intention d'associer les oppositions des deux villes principales aux décisions : « J'ai voulu que les oppositions des deux villes principales soient associées aux décisions prises dans cette instance. En ce sens, je proposerai qu'on retrouve Julien Paris mais aussi Marie-Christine Harambat et Mathieu Ara. Ça n'avait pas été le cas lors de la précédente mandature. »
La composition du bureau communautaire
Les premiers vice-présidents élus sont :
- Frédéric Carrère, maire de Campagne, premier vice-président en charge des finances
- Marianne Savary, adjointe à Mont-de-Marsan, deuxième vice-présidente
- Joël Bonnet, maire de Saint-Pierre-du-Mont, troisième vice-président
- Véronique Gleyze, maire de Pouydesseaux, quatrième vice-présidente
- Jean Dupouy, élu de Mont-de-Marsan, cinquième vice-président
- Marie-Laure Lafargue, adjointe à Mont-de-Marsan, sixième vice-présidente
- Alain Baché, adjoint à Mont-de-Marsan, septième vice-président
- Bernadette Young, maire de Saint-Avit, huitième vice-présidente
- Paul Laussucq, maire de Bretagne-de-Marsan, neuvième adjoint
Signe de l'importance accordée aux finances, Frédéric Dutin a uniquement dévoilé les attributions du premier vice-président lors de cette séance. Les autres délégations seront discutées à huis clos entre les quatorze membres de l'exécutif dans les prochains jours.
Frédéric Dutin a conclu son intervention en esquissant l'ambition d'un territoire « autrement », clin d'œil au slogan de sa campagne municipale à Mont-de-Marsan : « Chacun d'entre nous doit dépasser les ressentiments du passé pour offrir à nos administrés un futur possible. »



