Un premier conseil municipal animé à Gujan-Mestras
Le mardi 7 avril, la Maison des associations de Gujan-Mestras a accueilli le premier conseil municipal depuis l'élection, le 22 mars, de la liste menée par Xavier Paris, le nouveau maire LR de la ville. Ce rendez-vous a permis de dessiner le nouveau paysage politique local, avec vingt-sept délibérations à l'ordre du jour. Les débats ont été particulièrement vifs autour de trois sujets clés : les délégations de signature du maire, les rémunérations des élus et les taux d'imposition.
Les délégations de signature en question
La première délibération proposait d'accorder au maire une délégation de signature pour les marchés publics inférieurs à 2 millions d'euros. Cette mesure a immédiatement suscité des réactions de l'opposition. Fabrice Weber du Rassemblement National et Cédric François, représentant une liste citoyenne, ont chacun déposé un amendement visant à abaisser ce seuil à 1 million d'euros.
Fabrice Weber a argumenté : « Deux millions, c'est légal, mais nous ne sommes plus dans la gestion courante. » Cédric François a ajouté : « Chaque projet doit être discuté en conseil municipal. Il faut restaurer la fonction de contrôle. La Chambre régionale des comptes l'a écrit en parlant du Miroir. »
En réponse, Xavier Paris a défendu sa position : « La transparence existe déjà. Tous les investissements sont votés dans le budget. Nous rendons compte au conseil de tous les marchés publics. Abaisser ce seuil amènerait au conseil des marchés purement techniques. Dans une ville voisine comme Arcachon, ce seuil est à 3 millions. Je m'engage à organiser la concertation sur chaque projet structurant, au moment de sa construction. » Les deux amendements ont finalement été rejetés.
Le débat sur les rémunérations des élus
Le sujet des rémunérations a également alimenté les discussions. Il s'agissait de fixer les indemnités du maire, des adjoints et des conseillers délégués. Fabrice Weber a exprimé son désaccord : « Vous créez deux catégories d'élus, ceux qui auront minimum 759 euros par mois, et les bénévoles. C'est un choix politique. »
Le centriste Jacques Chauvet a interrogé le maire sur la possibilité d'une rémunération pour les élus bénévoles. Xavier Paris a répondu : « Aucun élu n'a moins de valeur qu'un autre, mais la rémunération est liée à la délégation. » À l'issue des échanges, le groupe Chauvet a voté contre la proposition, tandis que les trois autres opposants se sont abstenus.
Le maintien des taux d'imposition divise
En fin de conseil, la délibération sur le maintien des taux d'imposition a provoqué de nouveaux débats. Fabrice Weber s'y est opposé : « Ce gel est en apparence une bonne chose, mais les impôts vont tout de même augmenter. La mairie n'y est pour rien, parce que les bases sont automatiquement revalorisées tous les ans avec l'inflation. Mais l'assiette fiscale à Gujan-Mestras a beaucoup augmenté depuis 2004, et donc les recettes aussi. Vous pourriez baisser les taux pour le pouvoir d'achat des Gujanais. »
Le groupe Jacques Chauvet a voté en faveur du gel, mais avec des réserves : « Vous auriez pu baisser le taux de la taxe foncière de 10 %. Ça avait du sens et c'était un signe fort pour les habitants. » Xavier Paris a répondu fermement : « Ne pas augmenter les taux depuis 2004 est un effort. Ils sont inférieurs à la moyenne départementale. Les baisser de 10 % n'est pas sérieux et pas raisonnable dans un tel contexte géopolitique et de désengagement de l'État. »
Magdalena Ruiz a appuyé cette position en rappelant que la dotation globale de fonctionnement baissera de 160 000 euros entre 2025 et 2026. Jacques Chauvet a rétorqué : « Dire que la baisse de 10 % n'est pas sérieuse n'est pas entendable. C'est un choix. Et il y en a d'autres. » Fabrice Weber a acquiescé : « Un choix différent n'est pas moins sérieux que le vôtre, M. le maire. » Malgré ces divergences, le texte a été adopté à l'unanimité, avec trois abstentions.
Conclusion : un conseil marqué par les tensions
Ce premier conseil municipal de Gujan-Mestras sous la mandature de Xavier Paris a donc été marqué par des échanges animés entre la majorité et les oppositions. Si les décisions ont finalement été adoptées, les débats ont mis en lumière des visions divergentes sur la gestion municipale, notamment en matière de transparence, de rémunération des élus et de politique fiscale. Ces discussions préfigurent probablement des séances futures tout aussi mouvementées.



