Un budget de transition pour la nouvelle majorité
L’équipe de Paulette Gougeon n’a pas vraiment imprimé sa marque cette année sur les grands équilibres financiers de la commune, seuls les investissements fléchissent nettement. C’est par la voix d’Océane Sion, benjamine du conseil municipal mais surtout conseillère municipale déléguée aux finances, que la nouvelle majorité a présenté et défendu ses choix pour le premier budget de la mandature, ce jeudi 23 avril lors du conseil municipal. Un budget 2026 « rigoureux et prudent », de 61,4 M€, qui, dans ses grandes lignes, ne diffère guère des exercices précédents. Il continue d’être marqué par de nombreuses contraintes, une épargne insuffisante mais peu de dettes.
Des recettes qui stagnent
Parmi les contraintes, il y a d’abord une stagnation des recettes. L’équipe de Paulette Gougeon doit composer avec des dotations de l’État qui progressent très peu (1,6 %) mais, dans le même temps, comme celle de Pierre Soujol, elle promet de ne pas alourdir l’impôt. Petite compensation cette année, les recettes liées aux services aux usagers vont augmenter de 8,5 %, notamment en raison du passage en régie directe du parking du canal. Autre contrainte majeure, les dépenses augmentent significativement (+ 4,5 %). Le problème reste les charges liées au personnel (+ 2,8 %). À cela s’ajoute, cette année, une sérieuse inversion de tendance dans les charges courantes des services. Elles avaient été rabotées ces deux derniers exercices mais repartent à la hausse (+ 3,9 %). « C’est la conséquence inflationniste sur les nouveaux marchés passés », a précisé l’élue aux finances.
Une épargne nette à redresser
Comme ces dernières années en tout cas, cette double contrainte produit un effet négatif sur l’épargne de la commune qui, après remboursement du capital de la dette (2,8 M€), s’élèvera seulement à 1,2 M€ (1 M€ l’an dernier) en fin d’année. Heureusement, le tableau met aussi en évidence une dette maîtrisée, remboursable en 4,8 ans, fruit d’une politique spécifique au cours du dernier mandat. Un résultat qui facilite le recours à l’emprunt. Ce levier sera d’ailleurs davantage utilisé cette année (1,1 M€) que l’an passé (0,5 M€) alors que les investissements à financer, après un pic en 2025 avec les chantiers en cœur de ville, sont en nette baisse (11,4 M€ contre 15,3 M€ en 2025). « Il s’agit d’un budget responsable et équilibré qui répond à trois principes : la stabilité fiscale, le maintien de la qualité des services au public et l’agilité à investir sans augmenter la dette en cours », a résumé Océane Sion.
L’absence de vision et de trajectoire
Les deux groupes d’opposition, qui ont voté contre ces propositions financières, ont déploré, l’un et l’autre, l’absence de vision à long terme. Mais ils ont partagé ce constat avec une stratégie bien différente. Le groupe Lunel c’est vous, par la voix de Julia Plane (RN) a choisi la frontalité sans concession, tandis que Lunel au Cœur par l’intermédiaire d’Olivier Larcher optait pour un ton plus policé. « Vous vouliez que Lunel avance pendant la campagne électorale. Ce budget prouve le contraire, a lancé Julia Plane à Paulette Gougeon. Il aggrave les dérives financières en matière de dépenses de fonctionnement, l’épargne nette baisse en dessous de 10 %, et en termes d’investissements, c’est un budget de repli sans ambition. 2026 sera une année blanche alors qu’un état d’urgence s’impose. Lunel n’avance pas, Lunel recule », a tempêté l’élue RN. Bien moins catégorique, Olivier Larcher a quand même posé un regard extrêmement critique sur ce budget. « Je regrette que vous vous contentiez de constater. Votre budget manque de hauteur, de vision, de trajectoire. Vous constatez que les recettes stagnent mais quel est votre objectif de croissance des recettes ? Les dépenses ont augmenté cinq fois plus vite que l’inflation, quelles mesures allez-vous prendre ? Il faut un plan d’action, clair et précis, avec des indicateurs pour restaurer les marges », a insisté l’élu.
Une année de transition
Océane Sion s’est voulue rassurante. Elle a martelé d’une part qu’il s’agit « d’un budget de transition » et elle, d’autre part, indiqué : « Je suis d’accord avec vous. Je prends la mesure de la situation. La capacité d’autofinancement doit être restructurée. Mais en un mois, il n’était pas possible de prendre de décision hâtive. » Un propos appuyé par le maire Paulette Gougeon : « On ne pouvait pas faire de plan pluriannuel avec deux tiers de nouveaux élus mais on regagnera des marges de manœuvre sans augmenter les impôts », a-t-elle promis en réponse à Olivier Larcher. Concernant l’analyse dressée par Julia Plane, le maire a simplement constaté : « Vos critiques sont permanentes, que répondre ? »
Encore la stabilité pour la fiscalité
Paulette Gougeon a annoncé que les taux des taxes locales n’augmenteront pas au cours de son mandat. Les propositions 2026 votées à l’unanimité confirment cette décision. En dehors de la revalorisation des bases au niveau de l’inflation 2025 par l’État, la taxe sur le foncier bâti reste à 58,37 %, celle sur le foncier non bâti est à 76,91 % et la taxe d’habitation sur les résidences secondaires est maintenue à 20,76 %.



