Un village alpin allège le coût des études grâce à un dispositif de prévention des risques
Face aux dépenses élevées des études préalables aux travaux, le village de Breil-sur-Roya, dans la vallée de la Roya, a trouvé une solution astucieuse pour réduire la facture. En s'appuyant sur la Stratégie territoriale pour la prévention des risques en montagne (Steprim), initiée par la Carf, la commune parvient à se faire financer des études essentielles liées aux éboulements et mouvements de terrain.
Le mécanisme de la Steprim : un levier financier crucial
En coulisse, les élus et services techniques connaissent bien le poids financier des études avant le lancement des chantiers. La Steprim, un contrat entre l'État, les collectivités territoriales, le Département et la Carf, offre une opportunité précieuse. « Il s'agit de financer ou cofinancer des travaux et études pour réduire l'exposition aux risques en zone montagneuse, comme les inondations, mouvements de terrain ou chutes de blocs », explique le maire, Sébastien Olharan.
Ce dispositif prévoit un financement à hauteur de 50% par l'État via le fonds Barnier et 30% par le Département. Pour Breil-sur-Roya, une enveloppe de 300 000 euros a été allouée spécifiquement pour des compléments d'études sur les mouvements de terrain. « Nous avons déjà investi près de 2 millions d'euros dans des études sur le centre historique, mais certaines restaient à finaliser », précise le maire.
Des projets concrets bénéficiant des aides
Une partie de ces fonds a déjà servi à financer des études pour l'église Sancta Maria in Albis. Désormais, la commune vise à utiliser les aides restantes pour des études sur un immeuble situé au 152, avenue des combattants en Afrique du Nord, au-dessus des terrains de tennis. Cet édifice, fissuré et sous arrêté de péril depuis la tempête Alex, pourrait être racheté par la Carf. « Le devis s'élève à 33 300 euros HT, mais avec la Steprim, seulement 20% resteraient à notre charge », détaille Sébastien Olharan.
Le terrain, situé en zone rouge, ne pourra pas accueillir de nouvelles constructions, mais pourra être aménagé pour des usages agricoles, sportifs ou récréatifs. Parallèlement, Breil-sur-Roya souhaite aussi demander des aides pour une étude de sécurisation des éboulements en amont du centre historique, estimée à 15 000 euros.
Perspectives et autres projets de sécurisation
Du côté de l'oratoire de Saint-Bernard, une bonne nouvelle : le Département a accepté de réaliser des travaux de protection contre les chutes de blocs. Concernant la chapelle Notre-Dame des Grâces, la commune réévalue ses demandes de subventions après une réduction de l'aide de la Drac. « Pour finaliser complètement la restauration, nous envisageons de solliciter l'enveloppe de 200 000 euros allouée par la Principauté de Monaco après la tempête Alex », ajoute le maire.
Cette approche proactive permet à Breil-sur-Roya de mieux gérer les risques naturels tout en optimisant ses ressources financières, un exemple pour d'autres communes de montagne confrontées à des défis similaires.



