Agglo d'Agen : Bruneau face aux dossiers LGV et nucléaire de Golfech
Agglo d'Agen : Bruneau face à LGV et nucléaire Golfech

Agglo d'Agen : les divergences de Laurent Bruneau sur la LGV et le nucléaire inquiètent

Dans la lutte souterraine pour le contrôle de l'Agglomération d'Agen avant le conseil communautaire d'installation du 9 avril, les positions du nouveau maire Laurent Bruneau suscitent des inquiétudes parmi ses opposants. Deux dossiers majeurs cristallisent les tensions : la ligne à grande vitesse (LGV) entre Toulouse et Bordeaux, et l'accueil potentiel de deux nouveaux réacteurs nucléaires à Golfech.

La LGV Toulouse-Bordeaux : un projet contesté

La future ligne à grande vitesse, dont le financement de près de 9 milliards d'euros reste flou, divise profondément. L'ancien exécutif, emmené par Jean Dionis et Olivier Grima – ce dernier briguant la présidence de l'Agglo – en était un ardent défenseur. En 2021, l'Agglo s'était même engagée à hauteur de 18,7 millions d'euros pour contribuer à sa réalisation.

Lors du vote du 16 décembre 2021, 48 élus avaient voté pour, 16 contre – dont Laurent Bruneau par procuration donnée à Maryse Combres – et deux s'étaient abstenus. Jean Dionis avait mené un intense lobbying pour l'implantation de la future gare LGV à Brax, un projet de 100 millions d'euros devant être connecté à la gare d'Agen via une nouvelle ligne et un pont ferroviaire.

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Laurent Bruneau, lui, n'y croit pas. Il estime que cette nouvelle gare serait « mortifère » pour le centre-ville d'Agen et milite depuis des années pour la rénovation des lignes existantes. Ses détracteurs, comme Olivier Grima, craignent que cette position n'affaiblisse la place d'Agen dans un projet qu'ils jugent inéluctable.

L'extension nucléaire à Golfech : un autre sujet de discorde

Le deuxième point de friction concerne l'accueil de deux nouveaux réacteurs EPR à la centrale nucléaire de Golfech. Une décision du chef de l'État est attendue l'an prochain, avant l'élection présidentielle, Golfech étant en concurrence avec la centrale de Blaye en Gironde. Des études de faisabilité sont en cours chez EDF et le consensus politique local sera déterminant.

En Tarn-et-Garonne, ce consensus existe, porté par les retombées économiques et fiscales promises. Le Lot-et-Garonne voisin pourrait aussi bénéficier indirectement des 1 000 emplois annoncés, de nombreux agents de la centrale résidant dans l'Agenais.

La position prudente de Laurent Bruneau, qui a appelé durant sa campagne à un référendum local, n'a pas rassuré les partisans du projet. Le 21 juin 2024, l'Agglo d'Agen avait voté son soutien à cette extension. Le maire, absent, n'avait pas participé au vote. Son futur adjoint, Pierre Dupont, avait voté contre – ils étaient quatre – tandis que 73 avaient voté pour, dont Marjorie Delcros, colistière de Bruneau suivant la ligne communiste favorable au nucléaire.

Quelle influence pour le nouveau maire ?

En minorité lors de la précédente mandature, Laurent Bruneau pourra-t-il convaincre les nouveaux élus sur ces sujets sensibles ? Ces derniers représentent plus de la moitié du Conseil communautaire, mais la nouveauté n'implique pas automatiquement l'adhésion. Les prochains mois, et notamment le conseil d'installation du 9 avril, seront cruciaux pour l'avenir de ces deux grands projets structurants pour le territoire.

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