Agen : la nouvelle équipe municipale confrontée à des finances préoccupantes
Le conseil municipal d'Agen du lundi 20 avril s'annonce animé, avec un débat d'orientations budgétaires qui promet des échanges vifs entre majorité et opposition. Laurent Bruneau, le nouveau maire, se dit inquiet après l'examen du rapport d'orientations budgétaires présenté ce jeudi 16 avril.
« On avait dit pendant la campagne que l'on verrait bien l'état des finances de la Ville. Il y avait quelques éléments qui pouvaient nous inquiéter, mais on n'avait pas encore tous les détails… Comme on le pressentait, la majorité sortante nous a vendu une super gestion financière. Ce n'est peut-être pas vrai », déclare-t-il, remettant en cause les affirmations de l'ancienne gouvernance.
Deux seuils d'alerte financiers franchis
Accompagné du premier adjoint Pierre Dupont et de la conseillère municipale chargée du budget Armonie Bargues, Laurent Bruneau pointe d'abord du doigt le taux d'épargne brute. « Le taux était de 12,9 % en décembre 2025. Si on fait une projection sur le budget 2026, tel qu'il découle des mandats précédents, il devrait être de 9,6 % au 31 décembre 2026. Et ce, même sans intégrer notre programme », explique-t-il. Ce chiffre passerait ainsi sous la barre des 10 %, un premier seuil d'alerte qui oblige la collectivité à prendre des mesures correctives.
« Ce seuil doit engager la collectivité à prendre des mesures nécessaires au relèvement de la situation. Car le taux d'épargne brute est un critère très important », rappelle le maire. « Il permet de savoir si la collectivité dégage des ressources suffisantes pour investir, ou si elle a du mal à couvrir ses dépenses courantes… »
Un deuxième indicateur préoccupe la nouvelle majorité : la capacité de désendettement. « Au 31 décembre 2025, la Ville compte 32 emprunts avec une durée de vie de onze ans et neuf mois. Les projections font état d'une capacité de désendettement qui passerait de 6,4 à 10,4 au 31 décembre 2026. Là encore, on est au-delà d'un autre seuil d'alerte… », détaille Laurent Bruneau.
Un audit financier externe demandé pour juin
Face à ces chiffres inquiétants, l'équipe municipale a décidé de solliciter un audit financier, confié à un cabinet extérieur. Les résultats sont attendus pour début juin, « afin de pouvoir adapter le budget au conseil municipal prévu à la fin de ce même mois ». Cette démarche permettra ensuite de lancer les premières mesures phares du programme de Vivement Agen.
Parmi les actions promises :
- Une réduction de 1 euro sur la facture de la cantine dès la rentrée de septembre 2026
- La distribution d'un kit scolaire aux élèves
- Le développement rapide de la tranquillité publique
- L'amélioration de l'accès aux soins, de la vie associative et des questions démocratiques
« On souhaite également développer le volet de la tranquillité publique très rapidement, ainsi que celui de l'accès aux soins, de la vie associative, de la question démocratique », souligne Pierre Dupont, le premier adjoint.
Des projets conditionnés par le nouveau Pacte de mutualisation
Pour certains projets, la municipalité devra cependant attendre la finalisation du nouveau Pacte de mutualisation entre la Ville et l'Agglomération, suite à l'élection d'Olivier Grima. « Il faut qu'Agen ait son autonomie. Nous allons nous mettre autour de la table pour trouver des solutions. Tout est à construire », affirme l'équipe municipale, soulignant la nécessité de redéfinir les relations intercommunales.
Le boulevard rouvert aux deux-roues sous conditions
Sur un autre front, la nouvelle équipe municipale a constaté que l'arrêté interdisant cyclistes et trottinettes sur le boulevard n'avait pas été reconduit en décembre par l'ancienne gouvernance. « Car il n'a pas été reconduit en décembre par l'ancienne gouvernance… », précise Laurent Bruneau, qui entend néanmoins encadrer strictement cette nouvelle possibilité de circulation.
La vitesse sera limitée à 6 km/h sur cette portion, conformément au code de la route. « Les policiers municipaux y veillent, sont mobilisés et n'hésiteront pas à verbaliser si nécessaire », avertit le maire. Un marquage au sol est également envisagé pour sécuriser la cohabitation entre les différents usagers.



