Congrès CGT : Sophie Binet réélue, lutte contre violences sexistes et RN au programme
Sophie Binet réélue à la tête de la CGT, cap sur les violences sexistes

Le congrès de la Confédération générale du travail (CGT) a réélu Sophie Binet à sa tête pour un deuxième mandat, samedi 6 juin 2026. La secrétaire générale sortante a obtenu 72 % des voix des délégués, confirmant sa légitimité à diriger le premier syndicat français. Son programme pour les quatre prochaines années met l'accent sur deux priorités : la lutte contre les violences sexistes et sexuelles au sein du monde du travail et la résistance politique face à la montée du Rassemblement national (RN).

Un mandat sous le signe de la continuité et du renouveau

Sophie Binet, 48 ans, avait pris la tête de la CGT en 2023 après la démission de Philippe Martinez. Ce nouveau mandat, qui s'achèvera en 2030, est perçu comme une étape cruciale pour le syndicat, qui cherche à renforcer son influence dans un contexte social tendu. Dans son discours de clôture, elle a insisté sur la nécessité de défendre les travailleurs face aux réformes gouvernementales et de lutter contre toutes les formes de discrimination.

Lutte contre les violences sexistes et sexuelles : une priorité absolue

La CGT entend intensifier ses actions pour éradiquer les violences sexistes et sexuelles dans les entreprises et les administrations. Sophie Binet a annoncé la création d'une cellule d'écoute et d'accompagnement des victimes, ainsi que la mise en place de formations obligatoires pour les représentants syndicaux. Elle a également appelé à une meilleure application des lois existantes, notamment en matière de signalement et de sanctions. "Nous ne tolérerons plus aucune forme de violence ou de harcèlement dans le monde du travail", a-t-elle déclaré, sous les applaudissements des congressistes.

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Face au Rassemblement national : une opposition frontale

Le congrès a également été marqué par une prise de position ferme contre le Rassemblement national. Sophie Binet a qualifié le RN de "danger pour la démocratie et les droits des travailleurs". Elle a appelé à une mobilisation unitaire des forces syndicales et politiques pour contrer l'extrême droite, notamment lors des prochaines élections législatives anticipées. "La CGT ne restera pas silencieuse face à la montée de la haine et de la xénophobie", a-t-elle affirmé.

Un syndicat en quête de renouveau

Outre ces deux axes, Sophie Binet a présenté un plan de modernisation de la CGT, incluant une digitalisation accrue des services aux adhérents et une meilleure représentation des jeunes et des précaires. Le congrès a également adopté une motion visant à renforcer la démocratie interne et à réduire l'écart de représentation entre hommes et femmes au sein des instances dirigeantes.

La réélection de Sophie Binet intervient dans un contexte de baisse de l'audience syndicale en France, mais la CGT reste le premier syndicat en nombre d'adhérents, avec plus de 600 000 membres. Le défi pour son deuxième mandat sera de maintenir cette position tout en s'adaptant aux mutations du monde du travail, notamment la précarisation et le télétravail.

Les réactions des autres syndicats et des partis politiques n'ont pas tardé. La CFDT a salué "la détermination de Sophie Binet à lutter contre les violences sexistes", tandis que le Parti socialiste a exprimé son soutien à la position anti-RN de la CGT. En revanche, le RN a dénoncé "une instrumentalisation politique du syndicat".

Ce congrès marque donc un tournant pour la CGT, qui se positionne clairement comme un acteur majeur dans la lutte contre les violences de genre et l'extrême droite, tout en cherchant à moderniser son fonctionnement pour rester pertinent dans le paysage social français.

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