La députée LFI Sophia Chikirou a été relaxée ce lundi 8 juin par le tribunal correctionnel de Paris pour des accusations d’escroquerie liée à un média qu’elle avait cofondé, mais condamnée pour vol dans ce même dossier qui a ressurgi pendant sa campagne pour les municipales dans la capitale.
Relaxe pour escroquerie, condamnation pour vol
Sophia Chikirou, absente lundi au tribunal, et à laquelle l’accusation reprochait notamment d’avoir tenté sans succès à l’été 2018 de faire virer des fonds de la webtélé Le Media, qu’elle ne dirigeait plus, a été relaxée de ces faits et condamnée à 8 000 euros d’amende dont la moitié avec sursis pour un vol de chèques jamais utilisés, a déclaré le président Guillaume Daieff.
Si le « vol est pour un élu un fait présentant une gravité certaine », le tribunal a tenu compte « de l’ancienneté » de l’affaire et du fait que « la société plaignante se soit désistée de sa plainte au terme d’un protocole d’accord ».
Les faits reprochés
Il était reproché à la candidate malheureuse à la mairie de Paris lors des dernières municipales (7,96 % au second tour) d’avoir « tenté à plusieurs reprises de tromper la banque Crédit du Nord » à l’été 2018, au préjudice du site d’actualité Le Média, qu’elle avait cofondé. Ses « tentatives » visaient à remettre une somme de plus de 67 000 euros à Mediascop, sa société de conseil en communication.
Sophia Chikirou était notamment accusée de s’être présentée comme présidente de la société Le Média, alors qu’elle « n’avait plus cette qualité », et d’avoir demandé un virement, finalement non abouti, car il n’y avait pas suffisamment d’argent sur le compte. Le chargé de compte s’était par ailleurs « méfié » au regard « des circonstances particulières de l’opération » et du fait que la « nouvelle présidente » du Média avait fait « opposition ».
Une affaire ressurgie en pleine campagne
L’audience mi-mai a offert une plongée sombre dans les coulisses du média, alors rongé par les guerres intestines. Depuis, l’affaire aux allures de contentieux commercial était largement retombée : à la barre, seule Sophia Chikirou était présente, un accord ayant été passé de longue date avec son ancienne webtélé pour convenir de l’abandon des démarches.
« Je n’arrive vraiment pas à comprendre pourquoi vous avez choisi le moment où j’étais candidate à la mairie de Paris pour ressortir cette affaire. (…) Vous avez clos ce dossier, cette enquête, il y a des années, cinq ans. Pourquoi avoir attendu tout ce temps-là ? », avait lancé lors de l’audience Sophia Chikirou à la procureure.



