Alexandra Borchio Fontimp mène sa propre liste aux sénatoriales 2026
Sénatoriales 2026 : Borchio Fontimp en solo

Élue en 2020 sur la liste de Dominique Estrosi-Sassonne, la sénatrice Les Républicains des Alpes-Maritimes Alexandra Borchio Fontimp annonce en exclusivité à Nice-Matin qu'elle conduira sa propre liste aux élections sénatoriales du 27 septembre 2026. Cette décision marque un tournant dans la campagne sénatoriale du département.

Une candidature autonome assumée

Alors que les conseils municipaux viennent de désigner leurs grands électeurs pour le scrutin, Alexandra Borchio-Fontimp officialise ce lundi 15 juin 2026 sa candidature en actant la création de sa propre liste. La parlementaire antiboise de 44 ans se disait encore récemment prête à repartir en troisième position derrière le binôme qu'espérait former Dominique Estrosi-Sassone avec Philippe Tabarot. Cependant, elle n'avait jamais exclu de faire cavalier seul si les circonstances l'exigeaient.

« J'appelle tous les élus à se rassembler derrière ma candidature pour défendre un département des Alpes-Maritimes fidèle à son passé, mais tourné vers l'avenir », déclare celle qui a été nommée en mai 2025 porte-parole adjointe du parti par Bruno Retailleau. Elle ajoute : « j'ai le soutien de mon maire, Jean Leonetti, et de mon député, Éric Pauget ».

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Un bilan de terrain

Pour justifier sa démarche, l'élue met en avant un bilan de mandat de six ans axé sur le terrain, rejetant l'approche parisienne au profit d'une présence au cœur de « nos villages, nos quartiers et nos places de marché ». Elle se pose en bouclier des élus locaux et porte-étendard d'une « République des territoires », « qui respecte ses élus locaux au lieu de les contraindre, qui leur fait confiance plutôt que de les étouffer », soulignant ses batailles contre les contraintes de l'État.

Sur le plan financier, elle met en avant la suppression du DILICO (Dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités) ou la préservation des ressources vitales des communes, tout en se posant comme la défenseure de l'âme et des traditions du territoire face à la disparition des fêtes locales.

L'ombre de l'alliance UDR-RN

Cette candidature vient percuter la stratégie de Dominique Estrosi-Sassone, dont la liste avait écrasé le scrutin en 2020 avec près de 70 % des suffrages, conduisant à l'élection des cinq sénateurs LR. Pourquoi ne pas avoir reparti avec elle ? « D'abord parce qu'elle ne me l'a pas proposé, répond la parlementaire antiboise. Ensuite parce qu'en figurant 3e sur la liste, je n'avais aucune chance d'être élue ».

En effet, l'alliance UDR-RN est en position de force. Élu maire de Nice le 22 mars, Éric Ciotti contrôle un vivier décisif de 450 à 500 grands électeurs. Les calculs internes estiment qu'avec 550 à 600 voix, l'UDR pourrait rafler au moins deux sièges. Les victoires des députés RN Bryan Masson à Cagnes-sur-Mer et Alexandra Masson à Menton renforcent ce scénario et pourraient permettre, en cas de liste commune, de décrocher un troisième siège.

L'arbitrage de Charles Ange Ginésy

Dans ce paysage éclaté, l'arbitre silencieux du scrutin pourrait être le président du Conseil départemental, Charles Ange Ginésy. S'il a mis fin au suspense vendredi 12 juin 2026 en refusant de se présenter aux sénatoriales pour se consacrer à ses chantiers départementaux, son influence auprès des maires reste immense.

En congé des Républicains et fort de son soutien récent à Éric Ciotti pour les municipales à Nice, Charles Ange Ginésy a clairement averti qu'il refuserait de soutenir des « candidats régionalistes » (comprendre les alliés du président Renaissance de la Région Renaud Muselier et les « estrosistes », dont Dominique Estrosi-Sassone). Mais il soutiendrait « les conseillers départementaux qui sont des départementalistes », groupe auquel appartient Alexandra Borchio-Fontimp, mais aussi les alliés UDR d'Éric Ciotti.

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L'investiture LR en suspens

Qui d'Alexandra Borchio Fontimp ou de Dominique Estrosi Sassone décrochera l'étiquette Les Républicains ? « Le parti peut décider de soutenir plusieurs listes », affirme l'élue antiboise. Réunie la semaine dernière, la commission d'investiture LR du Sénat a décidé de repousser l'examen des Alpes-Maritimes, laissant planer l'incertitude.