Le Sénat a adopté ce mercredi 17 juin 2026 le projet de loi controversé autorisant le travail des salariés des boulangeries et des fleuristes le 1er mai, jour férié traditionnellement chômé et payé. Le texte, porté par la majorité sénatoriale de droite et du centre, a été voté par 189 voix contre 143, avec le soutien du gouvernement.
Un compromis entre tradition et économie
Ce projet de loi vise à répondre à une demande des professionnels du secteur, qui estiment que l'ouverture le 1er mai permet de répondre à une clientèle en quête de produits frais et de fleurs pour les célébrations du printemps. Les boulangers et fleuristes pourront ainsi ouvrir, à condition que le travail soit volontaire et rémunéré doublement, conformément aux dispositions prévues par le code du travail pour les jours fériés.
Le texte a été défendu par le rapporteur, le sénateur LR Philippe Bas, qui a souligné qu'il s'agit d'une mesure pragmatique qui tient compte des évolutions des modes de consommation. "Il ne s'agit pas de remettre en cause la valeur du 1er mai, mais de permettre à des commerces de proximité de fonctionner, avec des garanties pour les salariés", a-t-il déclaré.
Vives oppositions à gauche
La gauche sénatoriale, unie dans le refus du texte, a dénoncé une atteinte aux droits des travailleurs et une brèche dans le caractère sacré du 1er mai, symbole des luttes sociales. La sénatrice socialiste Marie-Pierre de La Gontrie a fustigé "une loi qui fragilise le code du travail et qui ouvre la voie à une généralisation du travail dominical". Les écologistes et les communistes ont également critiqué le texte, y voyant une concession au libéralisme.
Des amendements rejetés
Plusieurs amendements visant à limiter la portée du texte ont été rejetés. Notamment, un amendement socialiste proposant que l'ouverture le 1er mai soit conditionnée à un accord de branche majoritaire a été repoussé. De même, une proposition communiste d'interdire toute ouverture après 13 heures a été écartée.
Le gouvernement, par la voix du ministre du Travail, a salué un vote équilibré qui concilie besoins économiques et protection des salariés. Le ministre a assuré que des contrôles seront renforcés pour garantir le volontariat et le respect des majorations salariales.
Prochaine étape : l'Assemblée nationale
Le texte doit maintenant être examiné par l'Assemblée nationale, où la majorité présidentielle est plus fragile. Les députés de gauche et certains membres de la majorité pourraient tenter de modifier le texte. L'examen est prévu pour la session de septembre, et le gouvernement espère une adoption définitive avant la fin de l'année.
Cette loi s'inscrit dans un contexte plus large de réforme du travail dominical et des jours fériés, qui suscite des débats récurrents en France. Le 1er mai reste un jour férié chômé pour la grande majorité des salariés, mais cette exception pour les boulangers et fleuristes pourrait faire jurisprudence pour d'autres secteurs.



