Saint-Étienne : Régis Juanico tente une percée après l'incarcération de l'ancien maire
Saint-Étienne : Juanico candidat après l'incarcération du maire

Une campagne sous la pluie dans une ville en crise politique

Par une matinée pluvieuse du 5 janvier 2026, les rues du centre-ville de Saint-Étienne offrent un spectacle désolant. L'eau ruisselle le long des pas-de-porte fermés, des rideaux de fer baissés et des tags délavés qui témoignent du marasme ambiant. Dans ce décor peu engageant, Régis Juanico, candidat de la gauche hors La France insoumise à la mairie, tente tant bien que mal de mener sa campagne électorale.

Une mobilisation difficile pour le candidat socialiste

Le candidat se dirige vers un marché où l'attend une poignée de militants grelottant dans le froid humide. Mais à 11h45, la déception est déjà palpable : les commerçants sont en train de remballer leurs marchandises, anticipant la fermeture. Les Stéphanois, visiblement, sont restés chez eux ce jour-là, laissant le candidat face à une réalité cruelle de la vie politique locale.

Forcé de battre en retraite, l'équipe de campagne se replie dans le local électoral. Un jeune militant y fait sécher ses tracts détrempés sur une grande table de réunion, image symbolique d'une campagne qui peine à décoller malgré les circonstances exceptionnelles.

L'ombre de l'ancien maire incarcéré

Régis Juanico, ancien député de la Loire de 2007 à 2022, affiche pourtant une confiance certaine. Cette assurance s'explique par le contexte politique unique : la plupart des 173 000 habitants de Saint-Étienne ne pleurent pas leur ancien maire Gaël Perdriau, élu en 2014 sous l'étiquette Les Républicains et incarcéré depuis le 7 janvier 2026.

L'ancien édile avait été démis de ses fonctions le 1er décembre 2025, suite à sa condamnation à cinq ans de prison et cinq ans d'inéligibilité pour des faits graves incluant chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics. Cette peine représente l'une des sanctions les plus lourdes jamais prononcées contre un maire en exercice sous la Cinquième République.

Une affaire judiciaire des plus sordides

Le jugement sévère reflète la nature particulièrement glauque de cette affaire qui a secoué la ville pendant plusieurs années. L'hôtel de ville de Saint-Étienne fut le théâtre d'un chantage sordide à la sextape fomenté au plus haut niveau contre l'ancien premier adjoint Gilles Artigues. Le maire Perdriau, principal condamné dans cette sombre histoire, a fait appel de cette décision judiciaire qui a profondément ébranlé la confiance des citoyens en leurs institutions locales.

Dans ce contexte de crise politique majeure, la campagne de Régis Juanico tente de se positionner comme une alternative crédible pour redonner à Saint-Étienne une gouvernance intègre et transparente, loin des scandales qui ont marqué les dernières années de l'administration précédente.