Saint-Maximin : la maire augmente son indemnité de 15%, l'opposition dénonce un cumul de mandats
Lors d'un conseil municipal protocolaire, Vesselina Garello et sa majorité ont acté une nette augmentation de l'indemnité de la maire de Saint-Maximin. Une décision qui a immédiatement suscité la colère de Thomas Molina et de l'opposition municipale.
Un conseil municipal rapide mais tendu
Le premier conseil municipal du mandat, hors celui d'installation, a principalement traité des délibérations protocolaires. Les élus ont désigné les représentants de la commune dans diverses instances externes et internes, comme le Centre communal d'action sociale (CCAS) ou la Commission d'appel d'offres (CAO). L'assemblée a également légiféré sur le fonctionnement de l'institution, avec la création de sept commissions municipales thématiques : Finances, Scolaire, Culture et Patrimoine, Urbanisme, Sport, Événementiel et Festivités, et Cause animale.
Malgré un public dense et un conseil presque au complet, la séance n'a duré qu'à peine plus d'une heure, incluant le rapport d'orientation budgétaire. Vesselina Garello a rapidement présenté les grandes lignes du document, invitant les élus à garder leurs questions pour le vote du budget primitif.
La hausse controversée des indemnités
Le point le plus conflictuel de la soirée a concerné les indemnités des élus. Vesselina Garello a justifié la revalorisation en se basant sur la population municipale de 18 413 habitants au 1er janvier 2026 et sur l'indice brut terminal de la fonction publique. « Pour les communes de notre strate, il s'agit d'une revalorisation de 4%. La répartition est de 65% pour la maire, 20% pour les adjoints et 8% pour les conseillers municipaux », a-t-elle détaillé.
Dans la délibération suivante, la majorité a acté une hausse de 15% des indemnités. Ainsi, la maire percevra désormais environ 3 072 euros brut par mois, contre 2 671 euros auparavant. Les adjoints et conseillers bénéficieront également d'augmentations, bien que plus limitées : environ 817 euros net pour les neuf adjoints et 325 euros pour les conseillers délégués. « Nous ne sommes pas au plafond autorisé, la loi autorise jusqu'à 67,6% de l'enveloppe pour l'indemnité du maire », a précisé Vesselina Garello.
L'opposition dénonce le cumul de mandats
Thomas Molina, chef de file de l'opposition Rassemblement national, a vivement réagi : « Nous sommes contre. Nous estimons qu'avec le cumul des mandats que vous avez aujourd'hui, utiliser l'argent public pour renforcer votre indemnité n'était pas forcément la priorité. Nous voterons contre ». En effet, Vesselina Garello est également conseillère départementale et occupe désormais un rôle à la Communauté d'agglomération Provence verte.
La maire s'est défendue en rappelant son engagement de campagne : « Je m'étais engagée à arrêter mon activité professionnelle pour exercer mon mandat de maire, car les responsabilités du poste sont incompatibles avec une activité professionnelle. Le montant net mensuel d'indemnité du maire est de 2 400 euros, ce qui est raisonnable au vu des responsabilités pénales portées ».
Un revirement de position notable
Cette hausse est d'autant plus surprenante que Vesselina Garello, lorsqu'elle était dans l'opposition municipale, s'était fermement opposée à l'augmentation des indemnités du maire de l'époque, Alain Decanis. En 2020, elle critiquait déjà le lien entre l'indemnité du maire et l'indice de base de la fonction publique, y voyant une augmentation déguisée. En 2023, elle pointait du doigt « l'augmentation de 42% de l'enveloppe d'indemnités des élus », soit « 56 743 euros par an », qu'elle jugeait « déplacée » et peu cohérente avec la fragilité des finances communales.
Le conseil a également adopté une mesure permettant de baisser de 30% l'indemnité des adjoints et conseillers délégués en cas d'absences injustifiées à un tiers ou plus des conseils municipaux. Cette disposition vise à éviter les problèmes de quorum, un cas de figure qui s'est produit à plusieurs reprises lors du mandat précédent.



