Le Parti socialiste (PS) ne veut pas revivre le scénario de 2022, où il avait été incapable de présenter un candidat crédible à l'élection présidentielle. Selon des sources internes, la direction du parti a lancé un vaste chantier pour structurer son appareil en vue de 2027. L'objectif est clair : éviter une nouvelle humiliation et revenir dans le jeu politique national.
Une organisation renforcée
Depuis plusieurs mois, le PS travaille à la mise en place d'une « tuyauterie » électorale, selon l'expression d'un cadre du parti. Cela passe par la constitution d'équipes locales, la formation de militants et la création d'un réseau de soutien dans les territoires. Un responsable socialiste explique : « Nous avons tiré les leçons de nos échecs passés. Il faut que le parti soit prêt, dès maintenant, pour ne pas être pris de court. »
Le parti prévoit également de renforcer ses liens avec les élus locaux et les fédérations. Une série de réunions est organisée dans chaque région pour identifier les forces vives et les potentiels candidats. Selon un document interne consulté par Le Point, le PS vise à avoir un « candidat naturel » issu de ses rangs, mais n'exclut pas une primaire ouverte si nécessaire.
Un calendrier serré
Le PS a fixé un calendrier précis. D'ici la fin 2024, chaque fédération doit avoir désigné un responsable de campagne. En 2025, des conventions thématiques seront organisées pour élaborer le programme. La candidature officielle devrait être annoncée courant 2026. Un proche du premier secrétaire déclare : « Nous avons trois ans pour convaincre les Français que nous sommes une alternative crédible. »
Selon un sondage récent, le PS est crédité de 12 % des intentions de vote pour la présidentielle, loin derrière le Rassemblement national et La République en marche. Mais les socialistes misent sur une dynamique de terrain et sur l'usure du pouvoir en place. « Les choses peuvent changer vite, estime un député PS. Nous devons être prêts à saisir les opportunités. »
Des défis à relever
Le PS doit cependant surmonter plusieurs obstacles. D'abord, son image reste écornée par le quinquennat de François Hollande. Ensuite, il doit faire face à la concurrence d'autres formations de gauche, comme La France insoumise et les Verts. Enfin, la question du financement est cruciale : le parti a accumulé des dettes et doit trouver des ressources pour mener une campagne.
Un trésorier du parti précise : « Nous avons réduit nos dépenses de 30 % depuis 2022, mais il nous faut encore 5 millions d'euros pour financer la présidentielle. Nous comptons sur les dons et les cotisations. » Malgré ces difficultés, l'optimisme est de mise dans les rangs socialistes. « Nous avons une équipe soudée et une stratégie claire, affirme un membre de la direction. 2027 sera notre année. »



