La décision d'appel dans le procès des assistants du RN fixée au 7 juillet, une date cruciale pour Marine Le Pen
La cour d'appel de Paris a annoncé, mercredi 11 février 2026, qu'elle rendra sa décision le 7 juillet dans le procès en appel des assistants parlementaires du Front national, devenu Rassemblement national (RN). Cette annonce intervient au dernier jour d'audience, alors que Marine Le Pen, députée du Pas-de-Calais et figure centrale du RN, risque une peine d'inéligibilité qui pourrait l'empêcher de se présenter à l'élection présidentielle de 2027.
Une sentence attendue avec impatience au sein du RN
Marine Le Pen a déclaré à l'issue de l'audience : « Plus [la décision était rendue] tôt, mieux je me portais », soulignant l'importance de cette date pour son avenir politique. Son avocat, Rodolphe Bosselut, a averti la cour : « La voilà à l'orée d'une élection primordiale pour le pays. Mais cette élection présidentielle rend l'arrêt que vous aurez à rendre vertigineux. » Le parquet a requis quatre ans de prison, dont un an ferme, et cinq ans d'inéligibilité contre elle.
La députée a indiqué qu'elle prendrait sa décision concernant une quatrième candidature à la présidentielle dès l'annonce de la sentence d'appel, sans attendre un éventuel recours devant la Cour de cassation. Elle a précisé que Jordan Bardella serait le candidat du parti en cas d'empêchement de sa part. Pour pouvoir postuler, elle ne doit pas être condamnée à une peine dépassant deux ans d'inéligibilité maximum, la date de départ étant le jugement de première instance du 31 mars 2025.
Les accusations portées contre Marine Le Pen et le RN
Il est reproché à Marine Le Pen, ainsi qu'au RN et à dix cadres, d'avoir organisé un système de détournement de fonds européens entre 2004 et 2016. Selon l'accusation, des assistants parlementaires des eurodéputés du parti étaient payés par des fonds européens mais travaillaient exclusivement pour le mouvement politique. Les représentants du parquet ont souligné le rôle central de Marine Le Pen dans cette affaire.
Lors des réquisitoires du 3 février, l'avocat général Thierry Ramonatxo a déclaré : « Elle a signé les contrats. Elle ne peut pas nous dire qu'elle ignorait. Elle était avocate et juriste de formation. » Son collègue, Stéphane Madoz-Blanchet, a ajouté : « Marine Le Pen a été l'instigatrice, à la suite de son père, d'un système qui a permis pour le compte du parti de détourner 1,4 million d'euros. »
Les implications politiques de la décision à venir
La sentence du 7 juillet est très attendue au sein du RN et parmi les postulants à l'élection présidentielle de 2027, prévue autour des mois d'avril et mai. Outre Marine Le Pen, l'accusation a réclamé la condamnation des 11 autres mis en cause, dont le RN en tant que personne morale, pour détournement de fonds. Cette affaire pourrait avoir des conséquences majeures sur le paysage politique français, en particulier si elle conduit à l'inéligibilité de la dirigeante d'extrême droite.
Les observateurs politiques soulignent que cette décision pourrait façonner la campagne présidentielle, avec des répercussions potentielles sur la stratégie du RN et la dynamique électorale. La tension monte donc à l'approche du 7 juillet, date qui marquera un tournant décisif dans cette procédure judiciaire hautement politisée.