Coulisses politiques du Lot-et-Garonne : baisses d'indemnités, chute et trahisons
Politique lot-et-garonnaise : baisses, chute et trahisons

Les coulisses de la politique lot-et-garonnaise ne déçoivent jamais

Voici ce qu'il ne fallait pas louper cette semaine.

Tacle

Après avoir baissé ses indemnités de maire de Marmande, Joël Hocquelet (PS) a fait de même pour sa fonction de président de Val de Garonne Agglomération. Une baisse de 30 %, à laquelle s'ajoute une diminution d'une dizaine d'euros par indemnité pour chaque vice-président, afin de rétribuer à enveloppe constante des délégations supplémentaires attribuées à quatre conseillers communautaires. « Vous aurez remarqué que nous sommes à rebours des deux autres agglomérations lot-et-garonnaises », a taclé Hocquelet en direction de Grima à Agen et Lepers à Villeneuve.

Dérapage

On ne sait si c'est une conséquence des abus dans les banquets de chasse dont il est un pilier, mais Daniel Borie a manqué de chuter lors de son entrée en scène aux Rencontres des transporteurs, samedi 25 avril à Boé, le rendez-vous dédié aux poids lourds. Au moment de s'asseoir sur la chaise haute qui lui était réservée, le vice-président au Conseil départemental s'est tout juste rattrapé au moment où il allait tomber en arrière. D'aucuns présents ce jour-là y verront l'alliance du geste et de la parole. En effet, Daniel Borie a évoqué dans son propos la flambée des prix à la pompe et des produits pétroliers qui allaient entraîner un dérapage budgétaire à propos du plan routes du Département, dont il est le coordinateur. Les 22 millions réservés à ce sujet ne pourraient pas être suffisants pour boucler le programme initial, a-t-il avancé. Chute à l'arrière !

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Charlie Delta Trop câblé

Serait-ce parce qu'il a un côté survolté que Guillaume Lepers a pris la présidence de la SEM Avergies, bras armé de Territoire d'énergie 47 (ex-SDEE 47) ? Le maire de Villeneuve-sur-Lot, en succédant à Pascal de Sermet, va donc se pencher sur les énergies renouvelables dont la SEM est une promotrice. Le président de l'Agglo, ainsi rechargé, va pouvoir se pencher sur un autre de ses objectifs : l'élection, le 21 mai, du président de l'Association des maires de Lot-et-Garonne, levier politique important dans le département. Un temps candidat, il se dit que le maire de Nérac, Nicolas Lacombe, aurait, face à l'adversité, préféré se ranger et devenir premier vice-président. Le champ est donc libre pour Guillaume Lepers.

Rappel à l'ordre

Le maire de Marmande n'a pas du tout apprécié le dernier post Facebook de ses opposants du Rassemblement national. Les nouveaux venus au Conseil municipal ont éventé les dossiers débattus en commission avec cette sortie : « Vos impôts ne doivent pas servir à satisfaire des choix arbitraires et risqués ». « Les dossiers présentés en commission n'ont pas à être mis sur la place publique avant que les Marmandais n'en soient informés en Conseil municipal où a lieu le débat public », a sermonné Joël Hocquelet, qui en fait « une question de respect des citoyens ». Mais il rassure : « Chacun est libre ensuite de commenter comme il veut où il veut ». Ouf, on a eu chaud.

Cap ou pas cap ?

L'assemblée municipale est un espace de théâtralité où l'on fait passer des messages. En Conseil municipal d'Agen, à la question de son colistier Thierry Salvalaio qui s'est interrogé sur le montant de la facture des dégâts causés par la dernière manifestation de la CR 47 à Agen, les 11 et 12 décembre 2025, le maire Laurent Bruneau, chiffres à l'appui, a indiqué que la ville préfecture ne pouvait pas passer à la caisse (236 000 euros pour les dégradations causées notamment au détriment du parc Fallières qui avait été tout juste inauguré) et tolérer qu'on saccage le bien public à chacune des expressions de la colère paysanne, quand bien même celle-ci serait légitime. Le premier édile compte ainsi rencontrer le syndicat pour évoquer « des compensations », sans écarter l'idée de porter plainte, ce que n'avait pas fait Jean Dionis. Sa première adjointe à l'époque, Clémence Brandolin-Robert, n'était visiblement pas de cet avis, puisqu'elle a encouragé Laurent Bruneau à le faire, jugeant « inadmissibles » ces dégradations et lui assurant de son soutien.

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Les informés

Laurent Bruneau a son Jérôme. Lui amènera-t-il le soleil à la mairie comme celui des « Bronzés » dans le film ? Quoi qu'il en soit, ce n'est pas un médecin généraliste mais le journaliste, Jérôme Schrepf, que le nouveau maire d'Agen a choisi pour occuper le poste de directeur de cabinet. Une belle distinction pour celui qui avait assumé la communication de la liste de gauche lors de la campagne électorale. Après le Conseil départemental et Villeneuve, cette nomination allonge la liste des journalistes ayant rejoint des cabinets. Des lieux où beaucoup aiment les situer, il est vrai.

La chute du mur

On se souvient de « La Guerre des boutons », dont le cadre était la rivalité entre les villages de Longeverne et Velrans. Voilà des lustres qu'entre Penne et Saint-Sylvestre, la frontière naturelle que figure le Lot, et qui coule entre les deux communes, augure d'une limite à ne pas dépasser. L'inimitié proverbiale entre les élus de chaque côté de la berge avait atteint son acmé lors des mandats précédents, entre le maire de Saint-Sylvestre, Yann Bihouée, et son homologue de Penne, Arnaud Devilliers. Mais depuis l'élection de Sophie Pinsolles, en lieu et place du premier, il souffle comme un air de Glasnost. Les deux majorités ont même prévu de déjeuner ensemble fin mai. Du jamais vu depuis trois siècles, dit-on dans le coin !

Le masque et Laplume

La droite a-t-elle conservé la présidence de l'Agglo d'Agen grâce à Séverine Coudert ? L'idée a traversé les esprits chez les perdants de gauche en voyant que la maire de Laplume avait décroché une vice-présidence dans l'exécutif d'Olivier Grima. La bande à Bruneau pensait pourtant son vote acquis. Trahison ? C'est ce que penserait, paraît-il, la principale intéressée qui attend toujours que Françoise Laurent libère son poste de conseillère départementale de l'Ouest agenais pour l'occuper comme convenu. Mais elle reste accrochée au siège. Une autre explication circule : l'équipe de gauche, convaincue par sa victoire, aurait péché par arrogance et suffisance. Et ça, cela ne plaît pas aux ruraux.

Natacha Polony au menu du banquet

Nous l'avions « cuisiné » il y a un mois, pour savoir quelle personnalité, après Dominique de Villepin, le sénateur Michel Masset recevrait à son prochain banquet républicain. Ça se jouait alors entre Natacha Polony, Jean-Louis Borloo et Bernard Cazeneuve. C'est finalement le portrait de l'essayiste et directrice de la revue « L'Audace », accompagnée de Benjamin Morel (universitaire parisien, docteur en sciences politiques), qui s'affiche sur l'invitation. Au menu du débat, comment « retrouver le pouvoir d'agir ». En faisant l'impasse sur l'apéritif et le dessert, si l'on en croit les diététiciens.