Accusations de plagiat entre Philippe et Retailleau
Plagiat politique : Philippe et Retailleau s'accusent mutuellement

La campagne pour la présidence des Républicains (LR) vire à l'affrontement verbal entre Édouard Philippe et Bruno Retailleau, qui s'accusent mutuellement de plagiat sur plusieurs propositions clés. Les sujets concernés vont du narcotrafic à l'agriculture en passant par l'Algérie.

Des accusations croisées

Bruno Retailleau, sénateur de la Vendée et candidat à la présidence de LR, a affirmé mercredi 24 juin 2026 que son rival Édouard Philippe avait «copié-collé» ses propositions sur la lutte contre le narcotrafic. «J'ai proposé un plan national contre les narco-trafiquants il y a six mois, et je vois aujourd'hui que Monsieur Philippe reprend mot pour mot mes mesures», a-t-il déclaré lors d'un meeting à Paris.

En réponse, l'équipe d'Édouard Philippe a dénoncé «une manœuvre désespérée» et a contre-attaqué en accusant Retailleau d'avoir «emprunté» des éléments de son programme agricole. Selon un communiqué de son cabinet, «M. Retailleau a repris sans vergogne nos propositions sur la souveraineté alimentaire, notamment le plan de soutien aux éleveurs et la réforme de la PAC».

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Un précédent sur l'Algérie

Cette polémique n'est pas la première : en mai dernier, les deux hommes s'étaient déjà accusés mutuellement de plagiat sur leurs positions concernant les relations avec l'Algérie. Retailleau avait alors dénoncé le fait que Philippe aurait «pillé» son discours sur la nécessité de revoir les accords de 1968. Philippe avait répliqué en affirmant que ses propositions sur la mémoire et la coopération étaient «originales et antérieures».

Ces échanges illustrent la férocité de la bataille pour la tête du parti, où chaque candidat cherche à se démarquer. Selon un sondage Ifop publié le 20 juin, Édouard Philippe est crédité de 38% d'intentions de vote parmi les sympathisants LR, contre 29% pour Bruno Retailleau. Les autres candidats, comme Valérie Pécresse (12%) et Laurent Wauquiez (9%), sont loin derrière.

Des programmes qui se ressemblent

Les experts politiques notent que les programmes des deux favoris présentent effectivement des similitudes frappantes. Sur le narcotrafic, tous deux proposent la création d'une «task force» interministérielle, le renforcement des peines pour les trafiquants et la confiscation des avoirs. En agriculture, ils défendent tous deux un «plan de souveraineté» avec des aides directes aux agriculteurs et une réforme de la PAC.

«Il y a une convergence naturelle sur les enjeux, mais les accusations de plagiat révèlent surtout une stratégie de déstabilisation», analyse Jean-Yves Camus, politologue à l'Observatoire des radicalités politiques. «Chacun veut montrer qu'il est le véritable innovateur et que l'autre n'est qu'un suiveur».

Une campagne sous tension

La campagne pour la présidence de LR s'achèvera le 12 juillet, date du congrès. Les attaques personnelles se multiplient, avec des accusations de mensonge, de trahison et, maintenant, de plagiat. Les militants semblent partagés entre la volonté d'unité et la tentation de départager les candidats par des débats virulents.

Interrogé par Libération, un cadre du parti sous couvert d'anonymat estime que «ces querelles de clocher nuisent à l'image du parti. Les Français attendent des solutions pour leur quotidien, pas des chamailleries sur la paternité des idées».

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