Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a été auditionné ce mercredi 13 mai 2026 dans le cadre d'une commission d'enquête sur le traitement judiciaire de l'inceste parental. Lors de cette séance, il a dressé un constat sévère du système de protection de l'enfance en France, évoquant une défaillance « grave » dans la manière dont la justice protège les victimes. Selon lui, les victimes ne sont pas suffisamment placées au centre du procès pénal. « La victime n’est pas au centre du travail judiciaire », a-t-il déclaré.
Des connexions massives à des sites pédopornographiques
Le garde des Sceaux a également fait état d'un nombre de connexions à des sites pédopornographiques qu'il juge « immensément nombreux » en France. S'appuyant sur une carte de l'Office des mineurs, il a affirmé qu'il y en aurait « dans chaque rue de chacune des communes sur lesquelles on zoomait ». Cette déclaration souligne l'ampleur du phénomène et la nécessité de renforcer les moyens de lutte contre ce fléau.
Un débat sur la dépénalisation de la non-présentation d'enfant
Gérald Darmanin s'est aussi montré ouvert à un débat sur la dépénalisation de la non-présentation d'enfant, une infraction actuellement punie d'un an de prison et de 15 000 euros d'amende. Des associations alertent depuis plusieurs années sur la situation des « mères protectrices » qui, dans des cas d'inceste paternel, refusent de remettre l'enfant au père, même pendant une enquête, se mettant ainsi hors la loi. « C’est un débat compliqué, mais je pense que c’est une des voies possibles pour protéger ces parents protecteurs en essayant de trouver une limite aux abus qui pourraient exister », a-t-il ajouté.
Cette audition intervient dans un contexte où la protection de l'enfance est au cœur des préoccupations. Les déclarations du ministre devraient relancer le débat sur les réformes nécessaires pour mieux protéger les victimes et lutter contre la pédocriminalité en ligne.



