Municipales à Nîmes : Julien Plantier refuse de siéger avec des élus proches du RN
Nîmes : Plantier refuse de siéger avec des élus proches du RN

Municipales à Nîmes : Julien Plantier rompt avec les élus ayant flirté avec le RN

Sa parole s'était faite rare depuis la défaite lors de l'élection municipale à Nîmes, remportée par Vincent Bouget et la gauche. Julien Plantier a choisi de rompre le silence pour revenir sur sa campagne, les choix effectués et se projeter sur l'après et son rôle dans l'opposition.

Une défaite collective et prévisible

"Il y a déjà une défaite collective. Et, malheureusement, prévisible", confie Julien Plantier. "Quand il y a maintenant 2 ans, j'évoquais avec Jean-Paul Fournier l'idée de sa succession, j'avais déjà en tête que si ce n'était pas préparé, ça allait être difficile, car on voyait qu'un cycle se terminait."

Le candidat battu souligne que son éviction de l'équipe municipale il y a un an indiquait déjà que les choses n'allaient pas bien se dérouler. "Le leitmotiv de la droite à Nîmes, c'était d'éviter de répéter le scénario de la division de 1995 et de se réveiller avec un maire communiste au lendemain du second tour. Or, c'est exactement ce qui est arrivé."

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Entre satisfaction et frustration

Plantier nuance cependant son analyse : "Je n'ai jamais été candidat contre qui que ce soit, mais pour un projet et des idées. Et c'est là où, certes, il y a eu une défaite électorale, parce que je ne fais que 15,5% au soir du premier tour, et que nous avons fait une fusion non pas basée sur des convictions, mais plutôt une fusion dite 'technique'."

Mais il ajoute : "Là où c'est frustrant, c'est qu'il y a quand même une part de satisfaction : quand je vois d'où je suis parti en janvier 2025, sans parti politique, sans soutien, sans investiture, sans appareil, sans système, j'arrive quand même, malgré tout, à faire une campagne dont tout le monde a reconnu qu'elle était belle."

Une fusion difficile entre les deux tours

L'alliance avec Valérie Rouverand, conclue fin décembre 2025, est intervenue tardivement selon certains observateurs. "Certains nous disent qu'il y aurait eu 15 jours de plus, on aurait été devant Franck Proust, car il y avait une dynamique avec nous et qu'on proposait des idées intéressantes", relate Plantier.

Mais c'est la fusion d'entre-deux tours avec Franck Proust qui cristallise les tensions. "En fait, il n'y avait pas de bonne solution. Je me maintenais, on aurait revécu volontairement 1995, et ça, il n'en était pas question. La question de notre retrait, bien évidemment, s'est posée."

Une ligne rouge clairement tracée

"Je ne peux pas siéger dans un groupe avec des élus qui ont tout fait pour tenter d'arriver à un rapprochement avec le RN", déclare fermement Julien Plantier. "J'ai été abasourdi de voir le comportement, la posture, la relation amicale de certains avec les élus du RN."

Cette position le conduit à envisager une scission au sein du groupe d'opposition de droite. "Aujourd'hui, vous vous retrouvez tous simples conseillers municipaux d'opposition dans un groupe de 6 qui va rapidement se scinder en deux, illustrant cette fusion 'de façade'."

La reconstruction de la droite nîmoise

Pour Plantier, la reconstruction de la droite passe par deux prérequis indispensables : "un changement de génération et une démarche d'union". Il critique ouvertement Franck Proust : "Il avait toutes les clés pour gagner, il n'a pas dépassé la barre des 20%. Donc, à un moment, il y a aussi une remise en question personnelle qui doit se faire."

Le candidat battu envisage cependant l'avenir avec pragmatisme : "La démarche d'union sera bien évidemment en dehors de l'hémicycle municipal au travers des différents partis politiques et des différentes élections et échéances à venir."

Un avenir professionnel et politique à redéfinir

Julien Plantier reconnaît avoir été "écorché" par cette campagne. "Ce n'est pas rien d'être candidat à une élection municipale, dans une ville de 150 000 habitants, en partant de rien."

Sur le plan professionnel, il envisage plusieurs options : "Soit exercer mon métier d'avocat, mais qui est parfois difficilement compatible avec un engagement politique, ou bien travailler dans une collectivité territoriale, ou dans une entreprise, dans le domaine du droit juridique ou dans le domaine administratif."

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Une opposition constructive

En conclusion, Plantier précise sa posture future : "Je serai toujours, moi, dans une opposition dite constructive, quand ça sera bien, je le dirai, quand je considérerai qu'on dévie du bien-fondé des politiques menées, je le dirai aussi."

Il adresse également un message au nouveau maire : "J'ose espérer que ses paroles se traduiront par les actes, lorsqu'il dit qu'il souhaite être le maire de tous les Nîmois, et notamment de ceux qui n'ont pas voté pour lui."