Emmanuel Macron a estimé ce mercredi 30 juillet 2025 en Conseil des ministres que l'Union européenne n'avait pas été "assez crainte" dans ses négociations commerciales avec les États-Unis. Le président français a déploré que l'Europe ne se vive pas encore suffisamment comme une puissance et a martelé que la France continuerait de faire montre d'exigence et de fermeté dans la suite des discussions.
"Pour être libres, il faut être craints"
Intervenant pour la première fois sur l'accord commercial annoncé dimanche entre Bruxelles et Washington, le chef de l'État a déclaré : "L'Europe ne se vit pas encore suffisamment comme une puissance. Pour être libres, il faut être craints. Nous n'avons pas été assez craints", selon des propos rapportés par des participants. Il a ajouté : "La France a toujours tenu une position de fermeté et d'exigence. Elle continuera de le faire. Ce n'est pas la fin de l'histoire et nous n'en resterons pas là."
Emmanuel Macron a également souligné que l'Union européenne peut obtenir de "nouvelles exemptions" durant les discussions qui auront lieu pour formaliser l'accord dans les détails, appelant à "œuvrer sans relâche au rééquilibrage de nos échanges, notamment dans les services".
Des négociations menées dans des conditions difficiles
Le président, rejoignant ses principaux homologues européens, a toutefois convenu que "les négociations (avaient) été menées dans des conditions difficiles" et que "l'accord (avait) le mérite d'offrir de la visibilité et de la prévisibilité à court terme". Il a précisé que l'accord "préserve les intérêts français et européens" sur des "filières exportatrices majeures" comme l'aéronautique. Il a également salué le fait que l'UE ait "veillé" à ce qu'il n'y ait "aucune concession pour nos filières agricoles et aucune remise en cause de notre autonomie réglementaire, de nos normes sanitaires et environnementales".
L'accord conclu dans un golf privé
Paris a également déploré les conditions dans lesquelles l'annonce de l'accord avait été faite, par un président américain triomphant, Donald Trump, au côté de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. "Nous aurions préféré tous, gouvernement et président de la République, que cet accord ait lieu dans les conditions habituelles des négociations, c'est-à-dire dans un cadre officiel et pas dans un golf privé en Écosse", a relevé la porte-parole du gouvernement Sophie Primas lors du compte rendu du Conseil des ministres.



