Livreurs de repas : des conditions de travail indignes dénoncées
Livreurs de repas : conditions indignes

Au début, il y a quinze ans, livrer des repas était un job étudiant. Aujourd'hui, les conditions de travail sont si éprouvantes que les quelque 70 000 livreurs en France se recrutent principalement parmi les plus précaires. Ce sont majoritairement des migrants, souvent sans papiers, qui triment chaque jour bien plus que beaucoup d'entre nous.

Des conditions de travail dégradées

Les livreurs subissent des cadences inhumaines, des horaires à rallonge et de longs temps d'attente non rémunérés. Ils avalent des kilomètres de bitume matin, midi et soir, quelle que soit la météo, toujours plus vite sous la pression des clients impatients et de l'algorithme qui surveille.

Un salaire horaire inférieur à 6 euros

Selon Médecins du monde, les livreurs travaillent en moyenne 63 heures par semaine pour 1 480 euros brut par mois, soit un revenu horaire inférieur à 6 euros. La plateforme Deliveroo assure garantir un salaire horaire minimum de 11,75 euros, environ le Smic. Dans tous les cas, notre goût du moindre effort prospère sur une exploitation dont nous sommes les témoins quotidiens.

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Une plainte pour traite d'êtres humains

Quatre associations d'aide aux livreurs, dont deux bordelaises, ont déposé une plainte pénale pour "traite d'êtres humains" contre le groupe britannique Deliveroo et le géant américain Uber. Ces entreprises dénoncent des "allégations infamantes". Cette action collective a le mérite de briser l'illusion numérique qui nous fait croire que toute envie peut être assouvie sans effort ni sueur.

La responsabilité du consommateur

La justice se prononcera dans les prochains mois. En attendant, le consommateur a aussi une part de responsabilité. Certains boycottent, refusant de cautionner. D'autres estiment que sans cette rémunération, ces forçats du bitume seraient encore plus pauvres, ou optent pour un compromis : commander avec modération et verser un bon pourboire en liquide. Chacun doit trouver sa position entre ses valeurs et son confort. Mais plus personne ne peut dire qu'il ignore les rouages peu reluisants de cette économie. Certains adeptes de la livraison objectent que le livreur est libre d'accepter ou non ce travail. Une liberté bien relative quand il faut survivre.

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