Loi de programmation militaire : l'Assemblée valide 36 milliards d'euros supplémentaires
LPM : 36 milliards de plus pour les armées approuvés

L'Assemblée nationale approuve une hausse massive du budget militaire

Ce jeudi 7 mai 2026, les députés ont adopté l'article central du projet de loi actualisant la loi de programmation militaire (LPM) pour la période 2024-2030. Ce texte prévoit une enveloppe supplémentaire de 36 milliards d'euros par rapport à la précédente LPM, portant le total des investissements budgétaires à 436 milliards d'euros. L'objectif est d'atteindre un budget annuel de 76,3 milliards d'euros d'ici 2030, soit 2,5 % du PIB.

Des priorités dictées par les conflits actuels

La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a souligné la nécessité d'accélérer l'effort de réarmement en s'appuyant sur les retours d'expérience des guerres en Ukraine et au Proche et Moyen-Orient. Cette stratégie se traduit par des investissements massifs : 26 milliards d'euros pour les munitions (dont 8,5 milliards supplémentaires) et 8,4 milliards pour les drones (avec 2 milliards de plus). Ces choix visent à renforcer les stocks de missiles et d'obus, ainsi que la capacité de combat aérien sans pilote.

Des votes contrastés et des interrogations sur le financement

L'article a été adopté dans un hémicycle clairsemé, la plupart des députés étant en circonscription pour les commémorations du 8 Mai. Les groupes RN et PS se sont abstenus, tandis que LFI a voté contre. Bastien Lachaud (LFI) a critiqué l'absence de nouvelles ressources fiscales, notamment sur les hauts revenus, estimant que l'effort militaire se ferait au détriment des dépenses sociales. Laurent Jacobelli (RN) a quant à lui accusé le président Macron de vouloir contraindre le futur locataire de l'Élysée.

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Des mesures concrètes adoptées

Outre les crédits, les députés ont validé plusieurs dispositions :

  • Contrôle des publications des agents du renseignement : le ministre compétent pourra s'opposer, sous deux mois, à la publication d'œuvres d'agents ou ex-agents de services comme la DGSE, la DGSI ou TRACFIN, sous peine de sanctions pénales, jusqu'à dix ans après la fin de leurs fonctions. L'absence de réponse vaudra autorisation.
  • Algorithmes de surveillance : extension du recours à des algorithmes pour exploiter les données de connexion web, notamment pour la défense nationale et la lutte contre la criminalité organisée et le trafic de stupéfiants ou d'armes. Une mesure similaire avait été censurée par le Conseil constitutionnel dans la loi narcotrafic.

Un calendrier parlementaire incertain

Les débats n'ont pas pu être achevés jeudi soir, avec environ 270 amendements restants. La reprise de l'examen est envisagée le 18 mai, mais cette date n'est pas encore arrêtée. La décision sera prise mardi prochain, dans un calendrier déjà très chargé. La trajectoire budgétaire devra être confirmée chaque année lors du vote du budget de l'État, et la présidentielle de 2027 pourrait remettre en cause ces orientations.

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