Indemnisation des commerçants de Frontignan : un bilan contrasté
Après les travaux d'aménagement du cœur de ville de Frontignan, les commerçants espéraient des indemnisations pour compenser les pertes subies. Cependant, le processus s'avère complexe et décevant pour beaucoup. Sur les trois dossiers déposés, un seul a été accepté, suscitant l'amertume des professionnels concernés.
Un seul dossier retenu sur trois
Lors du conseil municipal du 4 juin, Sylvio Cuciniello, conseiller délégué aux commerces et à l'artisanat, a présenté les résultats de la commission d'indemnisation du 22 mai. Trois dossiers ont été examinés : deux ont été rejetés, dont celui de Sylvie Delpierre, gérante de "Paradis du cadeau et de la carterie", et celui de la SAS "O nid gourmand". Le motif invoqué est que la perte de chiffre d'affaires n'atteignait pas le seuil de 10 % fixé par le règlement municipal. Seul le dossier de l'enseigne "Le Havanitos" a obtenu une indemnisation de près de 22 500 €, après qu'une perte moyenne de marge brute d'environ 25 000 € a été établie selon trois méthodes de calcul croisées : comparaison avec les exercices précédents, situation globale du secteur d'activité et variations saisonnières.
Une procédure jugée décourageante
La trentaine de professionnels potentiellement éligibles ne s'est guère mobilisée : seulement six dossiers ont été retirés en mairie et trois déposés. Denis Pujol, président de l'association des commerçants du cœur de ville, regrette que le taux de 10 % de marge brute ait été un obstacle. Plusieurs facteurs expliquent cette désaffection : la lourdeur administrative, la décision de certains commerçants de réduire la masse salariale pour compenser la baisse d'activité, ce qui les exclut du critère de perte supérieure à 10 % sur plus de trois mois, ou encore l'impossibilité de justifier précisément leur chiffre d'affaires.
Le témoignage d'une commerçante
Sylvie Delpierre, gérante du "Paradis du cadeau et de la carterie", exprime son amertume. Pour maintenir son commerce à flot pendant les travaux, elle avait développé une activité de marché parallèle. Résultat : le chiffre d'affaires global des deux activités a été pris en compte, gommant la chute de 20 à 30 % enregistrée par sa boutique. Elle dénonce également un autre problème : les périodes de travaux retenues par la municipalité ne couvrent pas l'intégralité des perturbations. La municipalité n'indemnise que les préjudices directement causés par les travaux, excluant ceux liés aux interventions des fournisseurs de gaz et d'électricité dans les rues Saint-Paul, Baumelle, Porte de Montpellier et place Jean-Jaurès. "La mairie nous a dit de nous retourner contre les entreprises. C'est un non-sens", déclare-t-elle. "J'aurais dû ne rien faire et tout laisser couler. Je suis tellement dégoûtée que dès que je trouve une opportunité dans une autre commune, je pars de Frontignan."
Calendrier pour la deuxième tranche des travaux
Pour la seconde tranche des travaux, dans la partie nord de la place Jean-Jaurès et la rue de l'Hôtel de ville, entre le 15 septembre et le 31 décembre 2025, la municipalité précise que "la période pendant laquelle l'aménagement de l'îlot de la rue de l'Hôtel de ville a impliqué les sujétions indemnisables envisagées par le règlement adopté le 19 juin 2025 soit retenue". Les commerçants ayant subi des préjudices pourront retirer leur dossier de demande d'indemnisation à compter du lundi 8 juin, avec une date limite de dépôt au jeudi 1er octobre 2026.



