Soupçons de cumul illégal pour un député du Rassemblement national
Le député Rassemblement national (RN) du Nord, Michaël Taverne, fait l'objet d'une enquête judiciaire pour avoir potentiellement continué à percevoir son salaire de policier après son élection à l'Assemblée nationale en juin 2022. Ces informations, révélées par Le Canard enchaîné, indiquent que l'enquête serait actuellement « en voie d'achèvement » selon une source proche du dossier.
Des rémunérations cumulées sur deux ans
Élu dans la 12e circonscription du Nord en 2022 et réélu en 2024, Michaël Taverne est accusé d'avoir indûment touché son traitement de fonctionnaire pendant une période de deux années complètes. Ce cumul présumé représenterait une somme totale dépassant 60 000 euros en salaire policier, auxquels s'ajoutent près de 6 000 euros nets mensuels d'indemnité parlementaire.
L'hebdomadaire satirique précise que le député avait formellement demandé son détachement de la police nationale seulement trois jours après sa première élection. Cette requête a été officiellement validée par le ministère de l'Intérieur deux mois plus tard, créant ainsi le cadre administratif permettant théoriquement ce double versement.
Une enquête pour concussion aux lourdes conséquences potentielles
Alerté par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATPV) le 4 juin 2025, le Parquet national financier (PNF) a rapidement ouvert une enquête préliminaire pour le délit de concussion. Ce crime est sévèrement réprimé par la loi française, avec des peines pouvant atteindre :
- Cinq années d'emprisonnement
- Une amende fixe de 500 000 euros
- La possibilité de porter cette amende au double du produit de l'infraction
La défense du député mis en cause
Contacté par les journalistes du Canard Enchaîné, Michaël Taverne a vivement réagi aux accusations portées contre lui. Le parlementaire se présente comme « victime d'un imbroglio administratif » et conteste fermement les allégations du PNF.
« Dans son rapport le PNF m'accuse d'avoir triché. C'est faux ! J'ai signé le document de détachement envoyé par le ministère de l'Intérieur sans savoir que c'était illégal », a-t-il déclaré, plaidant la bonne foi et l'ignorance des subtilités réglementaires encadrant le cumul des mandats et des fonctions publiques.
Cette affaire intervient dans un contexte de sensibilité accrue autour des questions de transparence et d'éthique dans la vie politique française, particulièrement pour les élus du Rassemblement national qui font régulièrement l'objet d'un examen minutieux de leurs pratiques financières et administratives.



