Dorian Munoz, maire de La Seyne : un engagement à 100 % sur le terrain et en équipe
Trois semaines après sa prise de fonction, Dorian Munoz, le nouveau maire de La Seyne, a accordé un entretien sans détour à Var-matin. À 35 ans, cet ancien collaborateur parlementaire assume désormais la tête de la deuxième ville du Var et de ses 1 300 employés à plein temps, après avoir démissionné de son activité professionnelle pour se consacrer entièrement à son mandat.
Accueil et approche managériale
Interrogé sur son accueil par les personnels municipaux, Dorian Munoz se montre positif : « Très bien, je n’ai rencontré aucun souci. Je fais progressivement le tour de tous les services, je découvre les gens et les locaux. Certains sont surpris, ils n’avaient jamais vu un maire ! » Il a également entamé des rencontres avec les syndicats, tout en rassurant sur les craintes internes de mise à l’écart : « Je pars d’une feuille blanche, pour le moment je laisse sa chance à tout le monde, à tous les gens qui travaillent bien. »
Présence sur le terrain et travail d’équipe
Le maire insiste sur son engagement à être présent sur le terrain, affirmant : « Impossible, j’ai démissionné dès le lendemain de mon élection pour être maire à 100 %. Je continuerai à être présent sur le terrain. Quand vous descendez dans la rue, les gens viennent vous parler et vous expliquent les problèmes. Et des fois, ce n’est pas agréable ! Mais vous avez le ressenti de toute une ville. C’est très, très important. » Pour renforcer cette proximité, il tiendra bientôt une permanence en mairie une matinée par semaine.
Concernant la gestion municipale, Dorian Munoz a décidé d’attribuer une délégation à chacun des 37 élus de la majorité : « Pour qu’il y ait le plus de personnes qui travaillent. Quand on a des élus dédiés à une tâche, ils peuvent s’y consacrer à fond et c’est plus efficient. Et ce faisant, on reste dans le même état d’esprit que durant la campagne : on mène un travail d’équipe. »
Priorités et projets municipaux
Sur le plan des investissements, le maire annonce 1,5 million d’euros cette année pour remettre en état les écoles, soulignant des situations inquiétantes comme à l’école Edouard-Vaillant, où une fissure est si large qu’on peut y mettre le poing. Il préfère se concentrer sur la rénovation de l’existant avant de relancer des projets comme Mabily-Verne, suspendu par son prédécesseur.
Dorian Munoz lance également un audit sur les moyens alloués par Toulon Provence Méditerranée (TPM) à La Seyne ces dernières années : « Depuis des années, on entend dire que La Seyne est le parent pauvre de la Métropole qui, elle, prétend le contraire. L’audit montrera peut-être autre chose… L’idée, c’est de pouvoir dire : voilà les investissements et les services fournis à La Seyne, à Toulon ou à Hyères. Et s’il y a des différences majeures, on demandera pourquoi. »
Relance d’Aquasud et animations
Pour relancer la piscine Aquasud, le maire explore plusieurs pistes, dont une mutualisation au sein de TPM, bien que cela semble compromis en raison de tensions politiques. Il évoque aussi l’intérêt de trois groupes privés pour investir dans un « super complexe » incluant piscine, commerces, brasserie, bureaux, cinéma, et même un bowling, avec une extension de l’Espace Santé pour des activités de rééducation dans l’eau.
Sur le front des animations, Dorian Munoz souhaite rendre la ville « plus conviviale, plus attractive et plus festive ». Il réfléchit à des événements autour de sports décalés comme le MMA ou le catch, ainsi qu’à l’organisation de cinéma en plein air dès cet été. Il maintient les programmes estivaux existants, comme les festivals Couleurs urbaines et La Kermesse, tout en amplifiant ce qui fonctionne.
Projets d’aménagement et controverses
Concernant la corniche Tamaris, dont les travaux ont pris du retard, le maire s’oppose au passage à sens unique prévu, mais admet : « Je préfère une corniche avec un sens unique que pas de corniche du tout. » Il attend les résultats de l’enquête publique avant de prendre une décision définitive.
Sur la piétonnisation du centre-ville, Dorian Munoz critique l’approche précédente : « Elle ne fait pas consensus chez les commerçants. La piétonnisation gêne aussi la lutte contre l’insécurité et les “nouveaux” trafics de drogue. On a piétonnisé sans régler les problèmes de fond (économiques, stationnement, sécurité). Et bien, je veux faire l’inverse ! » Il priorise plutôt la rénovation de la rue Cyrus-Hugues et des places Perrin et Martel-Esprit.
En résumé, Dorian Munoz affiche une volonté de gouverner en proximité, avec un focus sur les urgences et un travail collaboratif, tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour l’attractivité de La Seyne.



