Ce dimanche 5 juillet marque le 100e jour depuis que Vincent Bouget a revêtu l'écharpe de maire de Nîmes. Entre décisions symboliques et lignes de fond, Midi Libre dresse un premier bilan de cette période intense.
Une méthode de concertation et d'apaisement
Dès le lendemain de sa victoire, Vincent Bouget a donné le ton en se rendant auprès des services techniques puis en parcourant le centre-ville pour échanger avec les habitants. Depuis, il s'affiche comme un maire très présent, notamment lors d'une feria marathon où il a multiplié cérémonies, courses et tournées de sécurité. Cette présence terrain, largement relayée sur les réseaux sociaux, contraste avec son prédécesseur Jean-Paul Fournier, moins visible en raison de problèmes de santé et d'un caractère plus réservé.
La méthode de consultation préélectorale a été reconduite avec les rencontres « bonjour Nîmes » dans les quartiers, qui rencontrent un franc succès en termes de participation. Vincent Bouget prône également l'apaisement : après avoir fâché les cafetiers avant la feria, il est allé boire un verre chez l'un de leurs représentants. Il n'a pas non plus utilisé le rapport de la chambre régionale des comptes pour attaquer ses prédécesseurs, préférant y voir un éclairage pour les budgets à venir.
Des décisions symboliques fortes
Plusieurs gestes symboliques marquent ce début de mandat. La Journée commémorative du souvenir de l'esclavage et de son abolition, jamais célébrée à Nîmes auparavant, a été inscrite au calendrier. Un drapeau arc-en-ciel a été accroché à la mairie pour la journée de lutte contre l'homophobie. En revanche, la mairie a refusé de participer à la cérémonie en hommage à Jeanne d'Arc, invoquant le principe de laïcité, ce qui a valu des critiques du RN.
Autre symbole : la fête populaire du 13 juillet intitulée « à la table de Marianne », visant à rassembler les Nîmois autour de la fête nationale. Parmi les mesures concrètes, la gratuité des bibliothèques et une augmentation de la participation de la Ville pour les fournitures scolaires. Les transports ont été rendus gratuits pendant la feria, une « gratuité expérimentale » selon le président de Nîmes Métropole.
Une fermeté affichée sans rupture
La feria a été un test pour la nouvelle municipalité, notamment sur la tauromachie avec de nouvelles dispositions concernant la présidence des corridas. Vincent Bouget et son adjoint à la sécurité Nicolas Nadal ont également mis fin à certaines largesses sur les extensions de comptoir. Après des tensions avec l'Umih sur la limitation sonore, un compromis a été trouvé.
Le maire et son adjoint à l'urbanisme Pierre Jaumain n'ont pas validé le permis de construire du parking silo dans le quartier de la Placette, un projet polémique. Une discussion est en cours avec le promoteur Romain Tissot pour aboutir à un projet de logement avec parking. Vincent Bouget maintient également son opposition au projet de conservatoire aux Carmes, jugé sous-dimensionné.
Les grands dossiers amorcés
Dès les premiers jours, la nouvelle municipalité a dû gérer des dossiers urgents comme la carte scolaire et la canicule. Le stade des Costières a reçu une visite du maire, qui assure que sa rénovation sera moins coûteuse que le chiffre avancé par son prédécesseur. Fin juin, Vincent Bouget s'est engagé sur le dossier de l'aéroport, dont la partie commerciale est déficitaire. Il a rencontré le préfet du Gard et le délégataire Edéis, sans dévoiler ses intentions, mais priorise l'activité sécurité civile.
Côté sécurité, il a obtenu l'annonce de l'ouverture du nouveau poste de police de Pissevin et lutte pour sauver le bureau de poste de ce quartier. La rénovation urbaine des quartiers prioritaires est l'une de ses priorités de long terme. Enfin, Midi Libre a révélé le lancement prochain d'un audit sur la reprise de la gestion des arènes en régie publique, un sujet sensible à Nîmes.
Une opposition encore discrète
Le débat démocratique reste difficile à mesurer. Les oppositions, notamment Franck Proust et Julien Plantier, anciens membres de la majorité, apprennent leur nouveau rôle d'opposants et sont restés discrets. Le RN de Julien Sanchez occupe le terrain en cherchant la petite bête, allant jusqu'à annoncer son intention de dénoncer devant la justice les moyens alloués aux groupes d'opposition. Le ton risque de monter à l'approche de la présidentielle.



