Dans une tribune publiée par Le Point, un collectif d'une trentaine d'intellectuels, d'universitaires et d'élus met en garde contre les dérives communautaristes que pourrait entraîner le projet d'autonomie de la Corse. Ils appellent à ne pas faire de l'île de Beauté un "laboratoire" du séparatisme.
Un projet controversé
Les signataires, parmi lesquels figurent l'historien Pierre Vermeren, le philosophe Raphaël Enthoven ou encore l'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, estiment que l'autonomie corse, si elle n'est pas encadrée, pourrait ouvrir la voie à un "communautarisme débridé". Ils rappellent que la Corse bénéficie déjà d'un statut particulier au sein de la République, avec une collectivité unique et des compétences élargies.
Le texte dénonce notamment les revendications linguistiques et culturelles qui, selon eux, visent à imposer une identité corse exclusive au détriment de l'unité nationale. "La langue corse ne doit pas devenir un outil d'exclusion", écrivent-ils, alors que le débat sur son enseignement obligatoire agite l'île.
Des risques pour la République
Pour les auteurs de la tribune, l'autonomie ne doit pas être un "cheval de Troie" permettant de remettre en cause les principes fondamentaux de la République, comme la laïcité ou l'égalité des citoyens devant la loi. Ils craignent que des revendications communautaires ne fragmentent la société corse et n'installent un système de "discrimination positive" au bénéfice de certains groupes.
Le collectif s'inquiète également de l'émergence d'un "nationalisme ethnique" en Corse, qui pourrait conduire à des dérives identitaires. "L'histoire nous a appris que le communautarisme mène souvent à la violence", préviennent-ils, faisant allusion aux tensions passées dans l'île.
Un appel au gouvernement
Les signataires en appellent au président de la République et au gouvernement pour qu'ils ne cèdent pas aux pressions des indépendantistes corses. Ils demandent que toute réforme du statut de l'île soit soumise à un large débat public et respecte scrupuleusement la Constitution.
"La Corse est une terre de France, et son avenir doit se construire dans le cadre de la République, pas contre elle", concluent-ils. La tribune intervient alors que les discussions sur l'autonomie corse sont relancées, avec une possible consultation des électeurs de l'île dans les mois à venir.



